Pour compléter cette affiche électro de haut vol, No Signal et Silent, deux duos Bisontins formés par les anciens métalleux-poseurs de Ran, encadrent les prestations des Lyonnais et du Britannique de la soirée.
No Signal est le premier groupe à se présenter. Le batteur est installé à gauche de la scène, dos à la paroi du Cylindre tandis que le clavier et son utilisateur sont face à lui, de façon à être tous les deux vus de profil par le public. Dispositif qui changera quelque peu lorsque le claviériste prendra sa basse et jouera normalement, "de face". S'exprimant avec un set assez court (environ 45 minutes) No Signal retient l'attention de part la diversité de ses constructions et une recherche manifeste des sons qu'il cherche à prodiguer. Souvent accompagnée de séquences, la formation "claviers + batterie" ou alors "basse + batterie", parvient à servir le tout avec homogénéité, chose non négligeable. Pendant que l'électro hybride, tantôt ambiant, jazzy, expérimental ou plus directement drum'n'bass (avec vraie batterie et vraie basse !) de No Signal envahi la salle, les entrées continuent à se faire tranquillement dans le repère Bisontin.
Mais il faut patienter un peu (permutation de matériel oblige) pour découvrir le "demi-pourquoi" de mon déplacement si loin de mon terrier (120 km). Une fois en place derrière leur tribune sur laquelle se tient tout le matériel nécessaire (laptops, console de mixage...), Uzul (sons) et Nico Tico (vidéos) débutent le concert par "Mostar", titre inaugural de Travelling without moving. Et comme point de départ des vidéos, le visuel de l'album. La salle n'étant pas très haute (et voûtée), l'écran se situe derrière le groupe, ne laissant que le tiers gauche de la salle comme point de vue moins inconfortable. Dès la deuxième piste, "Bucarest", Tit'o rejoint le duo pour appliquer ses parties de guitares afin d'apporter du volume aux pérégrinations électroniques de Uzul et de compléter les illustrations vidéos de Nico Tico. D'ailleurs, au niveau du volume sonore, Uzul Prod. aime jouer de façon très élevée, presque excessive, histoire de remplir au mieux les locaux avec leurs décibels.
La prestation live des Lyonnais permet de percevoir sous un autre jour des titres de Travelling without moving, a l'image de "Saïgon" dont certaines parties sont exposées différemment que sur le disque, en changeant le reliefs de plusieurs séquences. Elle permet aussi de voir Nico Tico soutenir graphiquement les morceaux avec des images d'archives (et certaines captées par lui-même ?), retravaillées et superposées pour un rendu esthétique remarquable. Le groupe propose aussi d'autres titres. Par exemple, le quatrième, "Vener", réussite aussi sonore que visuelle, réinterprétation vidéo de clips de Tool à la clef, excusez du peu ! Après un petit détour par l'album (l'hallucinatoire "Ketama", the trip in "London"), "Sad january" vient compléter la panoplie du groupe en ouvrant une voie industrielle, toujours en couplant travail acoustique et visuel (chapeau aux cercles dont on fini par oublier la nature : escaliers ? tambours de machines ? réacteurs ? ...). Tit'o quitte ses collègues pour tenir le stand de merchandising "Expressillon & Jarring Effects", et ses collègues en finissent avec un nouveau voyage asiatique, "Pékin" (et des clins d'oeil à Matrix ?) ainsi qu'une petite dernière, le remix de "28 ans plus tard" (de Redbong). Bouclant la boucle, l'écran rappelle le début du concert, aux couleurs et formes géométriques évoquant la pochette de Travelling without moving, comme mise en mouvement.
Scorn @ Cylindre - 02/11/2007 Scorn @ Cylindre - 02/11/2007 Après avoir voyagé par les oreilles et les yeux grâce au travail multi-sensoriel de Uzul Prod., nouveau changement de matos et LE Monsieur de cette nuit-là, à savoir Mick Harris, plus connus sous le pseudo de Scorn se présente derrière son pupitre.
Devant des lumières tamisées (d'ailleurs, ce soir, c'est un peu le concours du groupe le moins capturable en photo !) et des éclairages secondaires sur le public, Mick, 1,5 mm de cheveux et barbiche lance une rythmique et y appose plus ou moins tranquillement ses sons. Ne sachant pas vraiment à quoi m'attendre de la part du bonhomme, une des suppositions devient certitude avec le temps : on va avoir droit à une pièce unique, un monobloc de sons constitué d'une suite de tripatouillages de faders, de distorsions de séquences, de répétitions, de martelages glaciaux et d'improvisations plus ou moins planifiées. Au détour de bruitages improbables accolés à des beats glaçants, je parviens à reconnaître des bribes de Stealth ("Glugged", "Snag"). Mick Scorn Harris, aux avants-bras couverts de tatouages (on n'efface pas comme ça un passage chez Napalm Death !), tourne les boutons en faisant une moue dont j'ignore la signification (quelque part entre l'étonnement et la déception), intervient sur ses appareillages en croisant les mains ou se désaltère (à l'eau) en laissant ostensiblement tourner les machines. Le public, dont j'aurais cru que l'affluence serait supérieure (vu la notoriété du Monsieur et le faible nombre de dates données cet automne), laisse un demi-cercle vide devant la scène, comme par respect pour l'architecte de l'électro-dub mais peut-être, de façon plus pragmatique, écrasé par les décibels, Mick n'y allant pas de main morte. Scorn utilise au mieux le temps imparti (une heure) et ce n'est pas le petit break de la 45° minute (pourtant sans la moindre coupure !) qui arrête le garçon, alors que l'assistance l'aide à repartir à l'assaut. Tout le long de sa performance, Mick Harris change de rythmes, inocule ses idées et fait varier les registres tout en suivant un véritable fil rouge. L'oeuvre se conclu par une montée en puissance d'aigus perforants stoppée net et un salut de l'artiste rejoignant les loges promptement.
Dernière formation à se donner, Silent débute aux environs de 1H15. Un line-up et une mis en place faisant écho à No Signal (cette fois la batterie est à droite et le préposé aux machines se tient face au public) mais un son plus abrupt, moins fouillé que celui de leurs acolytes (et 120 km à effectuer de nouveau) ne me retiendront pas plus de 3 ou 4 titres...