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Saul Williams portrait Poète, performer, acteur, rappeur, écrivain, slameur, musicien, Saul Williams porte à lui seul un nombre important de casquettes qui ont fait de lui un des acteurs majeurs du hip-hop moderne. Ce n'est pas un hasard si cet artiste, né en 1972 à Newburgh, fait figure de digne représentant du slam-poèsie sous le nom de Ray Joshua dans "Slam", film récompensé à Cannes en 1998 et dans nombre de festivals indépendant, et qui met en lumière cette forme d'art encore trop peu connu du grand public à l'époque. Lorsque ce licencié en philosophie et ès lettres rejoint New-York, il participe assez vite aux cercles de slam et performe par la même occasion son rappé qui plus tard sera illustré sur Amethyst rock star, premier album remarqué produit par Sir Rick Rubin et signé sur American Recording.

Autant dire que le gaillard s'est vite mis dans la poche le monde du rock puisqu'il n'hésite pas à utiliser des samples de Rage Against The Machine ou Nine Inch Nails et à se payer la participation de Chad Smith (RHCP) sur "Om nia merican". Après l'élaboration d'un EP (Not in my name) puis d'un second album éponyme sorti en 2004, il se voit choisi pour assurer la première partie de la tournée européenne de Nine Inch Nails (ainsi que celle de The Mars Volta) et embarque dans une collaboration avec Trent Reznor himself. Le résultat tant attendu se retrouve sur The inevitable rise and liberation of NiggyTardust!, opus sorti en novembre 2007 en version digitale dans un premier temps puis par la suite sur support physique contenant des bonus. La même année, il sort son premier livre en France "Dit le fusil de chasse à la tête" aux éditions Caedere. En mai 2011, Saul Williams, qui vit désormais à Paris, revient avec un nouvel album produit par Renaud Letang (Manu Chao, Emilie Simon, Gonzales, La Rumeur) et qui s'intitule Volcanic sunlight.

Saul Williams / Chronique LP > The inevitable rise and liberation of NiggyTardust!

Saul Williams - The Inevitable Rise and Liberation of NiggyTardust! Saul Williams est un homme de collaborations, on le sait... Après la tutelle (et l'ère) de Rick Rubin (producteur des Beastie Boys, Public Enemy, Slayer etc... ad lib), il s'accoquine avec Trent Reznor et profite de son talent, de ses moyens, de son réseau également (Thavius Beck, Cx Kidtronik d'Atari Teenage Riot)... Le bonhomme s'approprie tellement le projet qu'à l'écoute de The inevitable rise and liberation of NiggyTardust!, on a souvent, l'impression d'avoir affaire à un album de Nine Inch Nails avec le chant de Saul Williams dessus, lequel qui revêt également une troublante ressemblance avec celui de Reznor. Bref, Saul Williams s'est fait littéralement bouffer artistiquement et cela, pour notre plus grand plaisir. Le rappeur arrive quand même à reprendre le dessus via quelques compositions où l'on retrouve la trame musicale éclatée d'Amethyst rockstar : le cinglant "Tr(n)igger" avec le sample de Public Enemy, le savoureux "Scared money" et son instru afro-pop. Excellent de chez excellent.
On passera sous silence la reprise d'un des groupes les plus passablement merdiques de la terre ("Sunday bloody sunday", U2) perdue au milieu de morceaux infiniment brillants, révélateur de la pertinence de la collaboration entre capitaine Slam et Mr.NIN. Dès le premier titre, "Black history month", l'instrumentation est orgiaque, ça fuse de partout, le flow de Saul Williams est dantesque et l'impact de la musique assez faramineux. "Convict colony", c'est du pareil au même et le rappeur livre une prestation finale sur-habitée qui transcende les oreilles. A partir de "Break", on arrive dans ce que j'appelle le ventre dur de NiggyTardust, où les choses sérieuses commencent : soit le top du top, la crème de la crème, le high-level du hip-hop. Les chapitres excellentissimes se succèdent ("Break", "NiggyTardust", "DNA"... & "Raised to be lowered") et les claques musicales sont légions, au moins autant que les boutons sur le visage acnéique d'un ado' en pleine puberté. En plus d'être un album conséquent, NiggyTardust est bourré de bonus-tracks, malheureusement pas aussi digne d'intérêt que le disque qu'ils sont censés enrichir. Quoiqu'il en soit, avec The inevitable rise and liberation of NiggyTardust!, Saul Williams a livré un album assez fabuleux... ah oui, et en plus il l'a filé gratos ou presque (en "pay what you want" exactement), comme Radiohead et pas forcément avec les répercutions financières espérées, au grand dam de Reznor, mais ça, on s'en tape un peu. Après avoir incarné Niggy Tardust et Niggy Pop pour son petit dernier, Volcanic sunlight sorti en 2011, il se murmure que Saul Williams endossera le costume de Nigguy De Champi, punk de la Bruyères DC. Je suis sorti... Au revoir.