Numbers Not Names - What's the price ? Numbers Not Names est le dernier projet en date initié par le label Ici D'Ailleurs (basé à Nancy) et plus particulièrement par Stéphane Grégoire (le grand patron) : Il a eu une nouvelle fois l'envie de réunir des musiciens d'horizons divers et variés dans le but avoué de prouver au monde de la musique nommée "Consensus" que la prise de risque, la tentative, l'expérimentation fonctionne encore très bien. Une nouvelle fois, car il n'y a ici rien d'inédit pour le label qui avait déjà éprouvé par le passé ce concept avec le projet Hommage Immortal Coil (qui réunissait deja entre autre Yaël Naim, Chapelier Fou, Yann Tiersen...).
What's the price ? remporte son pari : l'équipe, le quartet, est lourd et à l'écoute bien soudé. Il est composé de Alexei "Crescent Moon" Casselle (Kill The Vultures), Jean-Michel Pires et Chris Cole à la batterie (The Married Monk / ManyFingers) et Oktopus à la production (Dälek).

Le résultat sonne comme une masse, en ébullition, mouvante, organique au fil des titres. Si on pouvait se permettre un parallèle (lointain) je pencherai pour celui de l'italo disco... et plus précisément à l'image de Farah (Italians do it Better) : le tempo est lent, les têtes se balancent, les épaules s'entrechoquent dans une ambiance de Club ruiné post-apocalyptique.
Le flow, distinct, flâneur mais incisif ne fait pas dans la démonstration et la performance "accélérée". La ténébreuse mécanique des titre évoque Dalek (surement pas par hasard) mais aussi la robotique de Reverse Enginerring. Les beats martèlent dans un climat industriel, bruististe au final plus psychotrope que -délique. Malgré tout, il me semble que le groupe, dans sa formation "All star" aurait pu se jouer de son état et pourquoi pas paradoxer plus son propos à l'image de l'excellent titre éponyme "What's the price ?", le seul, selon moi, véritablement dans cet état "Clair/Obscur". Sisi, on peut se permettre ça : si la cohérence est évidente dans cet LP, l'aboutissement et le recul d'un groupe réside peut être dans la liberté de ce dernier à faire fluctuer son univers. Un peu comme une vérité, dangereuse condition, le groupe essouffle par sa réponse unique. L'information dense et unidirectionnelle brouille les pistes et ne clarifie pas assez le discours. Sans remettre une seule fois le contenu en cause, qui envoie sévère, je peux bien vous l'avouer : me saisir du contenu du disque n'est pas encore une affaire réglée. Chaque cuillerée que vous ingérerez de ce premier LP What's the price ? sera de qualité, mais la digestion ne sera pas forcement évidente et immédiate.