nud_stuck_between_rock_and_hard_place_artwork Un concept intéressant et très original qui celui du premier titre de l'album de Nud. Ou comment éviter de dépenser inutilement du papier à imprimer un press-book pour parler de soi, le groupe le fait directement dans son premier morceau, fort logiquement intitulé "Introducing me". C'est à la fois humoristique, lucide et savoureux, mais surtout osé à l'heure du formatage massif en batterie... Musicalement, la fraîcheur des morceaux éléctro-pop des Norvégiens de Nud surprend et séduit. Quelque part entre Portishead et Massive Attack, le groupe développe des atmosphères planantes, enveloppées de douces sonorités éléctro qui nous emmènent rêver au milieu des fjords de leur Norvège natale. Bercée par des vocaux féminins feutrés et irrémédiablement envoûtants, "A song for Simon" possède, à ce titre, un pouvoir d'attraction à nul autre pareil.
Des accords de clavier envoûtants ("Am I sleep"), une délicate mélancolie, un ésotérisme latent, quelques sonorités légèrement industrielles, on pense au travail de Sarah Bettens (K's Choice) et Danny Lohner (Nine Inch Nails) à l'occasion du titre "All of this past" sur la bande-originale du film Underworld, ou plus généralement aux collaborations de Massive Attack avec des voix féminines (avec Liz Fraser et Nicolette Okoh notamment). L'auditeur erre à la croisée des sentiers musicaux empruntés par Nud, entre inspirations pop, effluves rock et velléités éléctro (l'éponyme "Stuck between rock and hard place", "The wall"). Onirique et contemplatif, s'il est une véritable réussite du point de vue des instrumentations, cet album n'évite pas pour autant l'écueil d'un "spoken words" parfois encombrant et qui peut même faire naître un début d'ennui. Pourtant, malgré ces quelques défauts, ce premier album de Nud est d'une musicalité touchante, parfois légèrement minimaliste ("Life"), parfois plus affirmée ("So many changes, no happy faces"), il possède des vertus apaisantes et euphorisante essentielles (le rêveur "Row no"). Plus jazzy-pop ("Ain't like this, cowboy"), les Norvégiens s'offrent avec ce titre un petit mélange des genres, où les scratches se disputent aux vocalises douces, usant du contre-temps et de balances jazz pour surprendre. Et c'est réussi, on découvre, fasciné, un groupe décidé à proposer une musique différente de ce que l'on souvent l'habitude d'entendre, originale et d'une étonnante diversité, où le flow de "Who do I trust" vient contrebalancer les sonorités cristallines de "Milk in the morning time". Tout en nuances et en couleurs raffinées, Nud livre avec Stuck between rock and a hard place, un album sensible et inventif et abouti. Une oeuvre imprévisible et innovante qui ne pourra que difficilement laisser indifférent.