nic-u (lp 2005) Si c'est Dark Vador qui tient le haut de l'affiche au cinéma, chez Nic-U c'est la dark pop qui prévaut : ambiances troublantes et glauques, rythmes décomposés, samples noircis à la bougie, n'ayez pas peur, bienvenue dans l'album de Nic-U... La visite de leur monde médiévalo-futuro-fantastique dure 3/4 d'heure et mieux vaut laisser les lumières allumées pour garder son sang-froid... Le premier contact est visuel : pochette de la bète (du Gevaudan ?) et jolie typo, le deuxième contact est digital : magnifique papier carton qui se déplie, le troisième contact est olfactif : ledit papier dégage une vielle odeur d'harmonie, le quatrième et dernier contact est auditif : c'est celui qui nous intéresse le plus et il est au niveau des trois premiers : impressionnant de maîtrise, de délicatesse et de profondeur. Nic-U propose une musique trés touchante, trés personnelle, y rester insensible semble impossible... Assez proche de la pop noire US (encore Lou Reed pour le ton), les Colmariens mélangent français et anglais avec bonheur et arrivent à nous accrocher dés "Obsessions in a red spiral", le minimalisme de leur premier EP Nic-U fait place à une richesse de détails qui amplissent l'atmosphère et mettent en relief le soin apporté aux compositions. Quelques secondes de "Lumière" (un intermède qui se replace tous les 2-3 titres) avec la sublime voix d'Aurélie Jung (Bulle, participations à MP) et à nouveau la pénombre et ses échos, ses notes sourdes nous entoure... Les rythmes machinaux tissent une toile électrisante qui vient se coller à notre peau, désagréable sensation de malaise, les coups se font plus dur ("Narcisse"), les guitares restent à l'arrière-plan, attendant le moment opportun pour bondir. Ce moment, c'est "Instincts", elles sortent de leur planque et leurs riffs lourds et rouillés nous érodent, les aigus croisent le fer avec les graves... L'intro de "Waves and smoke" marie des samples à la Pink Floyd (période The Wall) à une ligne de basse qui ne déparaillerait pas sur le With teeth de Nine Inch Nails, la suite ressemble à Nic-U : mélodies noires, trafiquées, pénétrantes... La dernière grosse pièce de ce puzzle est "Dreams", des percus, des grouillements électro, jamais nous ne serons tranquilles...
Nic-U réalise un album hors norme de toute beauté, mais une beauté noire, sombre et inquiétante, à ne pas laisser entre toutes les mains...