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NIN, Massive Attack, Angelo Badalementi (compositeurs de tous les films de David Lynch), The Prodigy, Ez3Kiel et The Crystal Method... pas besoin de s'étaler sur les influences, Nenuko prend la crème de l'électro, du rock, du trip-hop et du dub, pour le passer au mixeur avec Pascal Moutet, comme seul maître d'oeuvre ou presque, un certain Vince Garcia se chargeant du mixage. De Nenuko on n'en saura guère plus sinon que cette entité musicale nous vient de Grenoble et que c'est, totalement autoproduite, qu'elle débarque sur les pages du W-Fenec avec un premier album baptisé Corridors (2008).

Nenuko / Chronique LP > Corridors


nenuko_corridors.jpg "Blind minotaurs" nous fait pénétrer dans l'antre de la bête, ce corridor exigü dans lequel on se sent rapidement aspiré, enfermé à double tour dans un univers clinique et industriel, où l'électro saturée distillée par Nenuko s'empare insidieusement de notre esprit pour ne plus nous lâcher. Jusqu'à "Daydream". La mécanique des rêves se met en marche, les images les plus sombres et torturées jaillissent de toutes parts de notre inconscient, enveloppée d'une douce torpeur artificielle, quelques cris de désespoir se font entendre et enfin ce final, apocalyptique et glaçant, qui n'est pas sans évoquer l'univers du Lost Highway de David Lynch. Comme une plongée apnéique au coeur des cauchemars refoulés de l'enfance, lucide, la musique de Nenuko ne laisse guère de place à l'espoir. On pense aux manifestes torturés des débuts de Nine Inch Nails ou aux textures atypiques de The Prodigy, mais Corridors parvient, entre ses influences, à trouver sa voie. Plus électro, mais pas moins tortueux, "Puzzled twins" et ses beats à la The Crystal Method claquent dans les enceintes, on est toujours sur le fil du rasoir, les fantômes sortent du placard et "Lost keys" dépoussière le rock digital avec une énergie communicatrice doublée d'un savoir-faire irréprochable. Oppressant.
Après un début enfermé dans une cellule mentale suffocante, Nenuko entrevoit la lumière au bout de son tunnel musical et des titres comme "Amiotik" ou "Unexpected memories". Les influences sont là sans être omniprésente, le fond et la forme se fondant dans un moule musical où le background électro s'allie à l'énergie du rock et à la puissance du metal. Jouant à fond la carte d'une électro/hip-hop qui clash et rentre-dedans sans crier gare puis d'un ambient électronique lumineux et stratosphérique, Corridors est un album qui élargi sans cesse son spectre musical, envoyant autant les guitares sur l'électrique et catchy "Further west", que développant une électro gracile et chirurgicale sur le sublime et feutré "Wavering Lights". Entre-temps, Nenuko nous lâche sur la platine un "RayBan and Hennessy" incandescent, distillant son électro sulfurique aux riffs métalliques avant que la bombe "Woverdrive" ne carbonise les dance-floors à coup de breaks cyber-rock qui nous laissent sur les rotules. Autoproduit, ravageur, indépendant et furieusement efficace...