Indus Indus > La Nébuleuse d'Hima

Biographie > Une Nébuleuse aux idées claires

En latin "nebulosus" se traduit par "brouillé", par extension les objets célestes d'apparence diffuse ont été appelé "nébuleuse", celle qui nous intéresse aujourd'hui est un amas de petites étoiles qui brillent chacune dans leur domaine et forment un scintillant tout depuis 2010. Le projet regroupe Faustine au chant (ex-Munshy et également chez Orchester), Audrey qui touche à tout, Toby et Bro' lee aux guitares, DJ Westerly aux platines, Hervé aux sons, Spoemi à la composition, Saturne aux illustrations, Brice aux photos, Nicolas à la vidéo, Vinz et Sébastien au graphisme et d'autres qui interviennent plus ou moins ponctuellement (étant donné que c'est un collectif, c'est très ouvert...). Mélanger différents arts autour d'une même idée est ambitieux, raconter une histoire au travers plusieurs tomes d'un livre qui propose musiques, textes, dessins, photos... ne l'est pas moins mais l'aventure est en marche. Les Nébuleux le font.

La Nébuleuse d'Hima / Chronique LP > La guerre des rois

La Nébuleuse d'Hima - La guerre des rois Troisième tome des aventures de La Nébuleuse d'Hima, un retour qu'on n'espérait plus car on était sans nouvelles du collectif depuis déjà quelques années (d'autant plus qu'en 2015 Falling between two stools n'avait pas bénéficié de beaucoup de promo) mais la bande de Faustine est bel et bien de retour et a mis le paquet. Alors certes, on n'a plus un livre car le disque se présente sous la forme d'un digipak (dont le tracklisting oublie la première piste "Chut!") avec un livret mais on a le droit à un joli clip, un travail de performance scénique poussé, plein de photos et des créations graphiques qui ont de l'allure.

Ils sont nombreux à participer à ce nouvel album autour de Faustine dont la voix sert de point de repère dans le mélange des styles, d'un rock mélodieux au métal, de l'électro au hip hop, on touche à tout et ça fonctionne toujours. La guerre des rois est habité par cet esprit "fusion" qui était assez dominateur dans les années 90 et qui a plutôt disparu aujourd'hui. Quand (et c'est souvent le cas), les textes sont en anglais, on se laisse davantage emporter par les scratchs, les riffs et les rythmes comme ce faussement sympathique "Your fists on my cheecks" inspiré par les témoignages de violences conjugales recueillis par Perrine Le Querrec dans son livre "Rouge pute". Les écrits des autres sont d'ailleurs la principale source d'inspiration de La Nébuleuse d'Hima qui mentionne plusieurs auteurs, qu'ils soient poètes (Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud ou Paul Verlaine), auteurs de romans (Bret Easton Ellis ou Stephen King) ou les deux (Victor Hugo). On repère davantage la performance vocale quand les instrus se font plus discrets comme sur "The biggest wiz" ou quand nos tripes sont attaquées ("I cannot die") mais c'est bien entendu quand les textes sont en français qu'on est davantage percuté. "Les âmes crécelles" montre à quel point la littérature tient une place importante dans le processus créatif, les mots sont ciselés et si le titre est bon, il ne peut être comparé à "La guerre des rois" où chaque syllabe est un coup, les voix se démultiplient, le phrasé hip hop, les samples, les effets, les envolées mélodiques, c'est vraiment la grande classe. Un morceau bien plus excitant et qui colle davantage à l'image que donne La Nébuleuse d'Hima que celui qui a été choisi pour être le premier clip (un "Slingshot" très marqué par le Néo Métal).

Tu l'auras compris, LNH a trop de facettes pour être réduit à un seul style ou pour être entrevu à l'écoute d'un seul titre, il faut s'y plonger complètement pour ressentir ne serait-ce qu'un peu l'essence du projet qui est forcément encore bien plus grand que ce petit objet qu'on peut tenir entre les mains...

La Nébuleuse d'Hima / Chronique EP > Once upon a time...

La Nébuleuse d'Hima - Once upon a time... Presque tous nos sens sont mis à contribution pour découvrir La Nébuleuse d'Hima et c'est d'abord au toucher qu'on doit les premières sensations et un constat évident, car le collectif n'a pas fait les choses à moitié. C'est du papier et du carton issu du recyclage (merci pour la planète) mais c'est un livre de belle qualité qui s'ouvre, le premier réflexe est de prendre le CD et de l'insérer dans la platine mais pour lire sur le son, tu attendras encore un peu. Pour le moment, nos doigts tournent les pages presque glacées et laissent les commandes à nos yeux. Les photos alternent vues du collectif en live, en off, posé ou même travaillées, certaines sont troublantes, l'ensemble est plutôt correct même si quelques clichés n'ont que peu d'intérêt voire sont ratés (guitariste flou, composition qui focalise sur du matériel...). Les quelques dessins eux sont très expressifs, le dernier me rappelle le travail de Gerald Scarfe et me plaît forcément un peu plus...

Le premier texte est à lire ou à écouter, les Parisiens et Hima nous souhaitent la bienvenue dans la nébuleuse. C'est en anglais, c'est assez doux puis le ton monte, les scratchs arrachent le rideau de brume et un mur de guitare saturée nous tombe dessus : à n'en pas douter le voyage sera chaotique ! "Electrochoc", la voix féminine oscille entre harmonie claire et vindicte hiphop voire grognements métalliques, comme si Lussi (MyPollux), Candice (ex-Eths) et Keny Arkana avaient fusionné. Musicalement, on amalgame aussi de nombreuses influences pour obtenir au final des ambiances proches de celles de X-Makeena avec du scratch, des boucles et des grosses guitares ! "Deep inside my guts" est assez dansant et contraste avec l'avalanche en deux parties inversées "Honte sur toi", les déflagrations sont un peu brouillonnes et nous ensevelissent avec l'espoir sous les décombres des riffs. L'album se referme avec "Ma perle" qui sonne comme une éloge funèbre, les cuivres donnant un aspect solennel au texte très poétique (j'en reviens souvent à Pink Floyd mais j'ai tout de suite pensé à "Outside the wall"...).

Ce premier tome est un joli voyage sensoriel et si l'ensemble ne dégage pas d'odeur particulière ni ne semble se manger mais qui sait si dans le futur, l'intégralité de non sens ne seront pas à la fête ? En tout cas, je salive déjà.