La Nébuleuse d'Hima - Once upon a time... Presque tous nos sens sont mis à contribution pour découvrir La Nébuleuse d'Hima et c'est d'abord au toucher qu'on doit les premières sensations et un constat évident, car le collectif n'a pas fait les choses à moitié. C'est du papier et du carton issu du recyclage (merci pour la planète) mais c'est un livre de belle qualité qui s'ouvre, le premier réflexe est de prendre le CD et de l'insérer dans la platine mais pour lire sur le son, tu attendras encore un peu. Pour le moment, nos doigts tournent les pages presque glacées et laissent les commandes à nos yeux. Les photos alternent vues du collectif en live, en off, posé ou même travaillées, certaines sont troublantes, l'ensemble est plutôt correct même si quelques clichés n'ont que peu d'intérêt voire sont ratés (guitariste flou, composition qui focalise sur du matériel...). Les quelques dessins eux sont très expressifs, le dernier me rappelle le travail de Gerald Scarfe et me plaît forcément un peu plus...

Le premier texte est à lire ou à écouter, les Parisiens et Hima nous souhaitent la bienvenue dans la nébuleuse. C'est en anglais, c'est assez doux puis le ton monte, les scratchs arrachent le rideau de brume et un mur de guitare saturée nous tombe dessus : à n'en pas douter le voyage sera chaotique ! "Electrochoc", la voix féminine oscille entre harmonie claire et vindicte hiphop voire grognements métalliques, comme si Lussi (MyPollux), Candice (ex-Eths) et Keny Arkana avaient fusionné. Musicalement, on amalgame aussi de nombreuses influences pour obtenir au final des ambiances proches de celles de X-Makeena avec du scratch, des boucles et des grosses guitares ! "Deep inside my guts" est assez dansant et contraste avec l'avalanche en deux parties inversées "Honte sur toi", les déflagrations sont un peu brouillonnes et nous ensevelissent avec l'espoir sous les décombres des riffs. L'album se referme avec "Ma perle" qui sonne comme une éloge funèbre, les cuivres donnant un aspect solennel au texte très poétique (j'en reviens souvent à Pink Floyd mais j'ai tout de suite pensé à "Outside the wall"...).

Ce premier tome est un joli voyage sensoriel et si l'ensemble ne dégage pas d'odeur particulière ni ne semble se manger mais qui sait si dans le futur, l'intégralité de non sens ne seront pas à la fête ? En tout cas, je salive déjà.