La Nébuleuse d'Hima - La guerre des rois Troisième tome des aventures de La Nébuleuse d'Hima, un retour qu'on n'espérait plus car on était sans nouvelles du collectif depuis déjà quelques années (d'autant plus qu'en 2015 Falling between two stools n'avait pas bénéficié de beaucoup de promo) mais la bande de Faustine est bel et bien de retour et a mis le paquet. Alors certes, on n'a plus un livre car le disque se présente sous la forme d'un digipak (dont le tracklisting oublie la première piste "Chut!") avec un livret mais on a le droit à un joli clip, un travail de performance scénique poussé, plein de photos et des créations graphiques qui ont de l'allure.

Ils sont nombreux à participer à ce nouvel album autour de Faustine dont la voix sert de point de repère dans le mélange des styles, d'un rock mélodieux au métal, de l'électro au hip hop, on touche à tout et ça fonctionne toujours. La guerre des rois est habité par cet esprit "fusion" qui était assez dominateur dans les années 90 et qui a plutôt disparu aujourd'hui. Quand (et c'est souvent le cas), les textes sont en anglais, on se laisse davantage emporter par les scratchs, les riffs et les rythmes comme ce faussement sympathique "Your fists on my cheecks" inspiré par les témoignages de violences conjugales recueillis par Perrine Le Querrec dans son livre "Rouge pute". Les écrits des autres sont d'ailleurs la principale source d'inspiration de La Nébuleuse d'Hima qui mentionne plusieurs auteurs, qu'ils soient poètes (Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud ou Paul Verlaine), auteurs de romans (Bret Easton Ellis ou Stephen King) ou les deux (Victor Hugo). On repère davantage la performance vocale quand les instrus se font plus discrets comme sur "The biggest wiz" ou quand nos tripes sont attaquées ("I cannot die") mais c'est bien entendu quand les textes sont en français qu'on est davantage percuté. "Les âmes crécelles" montre à quel point la littérature tient une place importante dans le processus créatif, les mots sont ciselés et si le titre est bon, il ne peut être comparé à "La guerre des rois" où chaque syllabe est un coup, les voix se démultiplient, le phrasé hip hop, les samples, les effets, les envolées mélodiques, c'est vraiment la grande classe. Un morceau bien plus excitant et qui colle davantage à l'image que donne La Nébuleuse d'Hima que celui qui a été choisi pour être le premier clip (un "Slingshot" très marqué par le Néo Métal).

Tu l'auras compris, LNH a trop de facettes pour être réduit à un seul style ou pour être entrevu à l'écoute d'un seul titre, il faut s'y plonger complètement pour ressentir ne serait-ce qu'un peu l'essence du projet qui est forcément encore bien plus grand que ce petit objet qu'on peut tenir entre les mains...