Nao-Nao Artwork anthracite, échos plus que flatteur, débarquement massif orchestré par l'écurie Jarring Effects, l'incontournable avec un grand "I" que l'on ne présente plus en ces pages (si ? ok alors Brain Damage, High Tone, La Phaze, Hint, Scorn, L'Oeuf raide, Picore, Fumuj, Revo, ou Ez3kiel, ça va mieux là ?) : nÄo n'est rien d'autre que LA très grosse sensation électro rock noise indus du moment option tuerie absolue. Pas un énième feu de paille autorisant une hype éphémère et non, pas non plus l'une de ses innombrables déclinaisons à base de bouille dubstep tendance. Là c'est du sérieux et le premier album éponyme du projet en atteste sans l'ombre d'un quart de demi-doute. Prêt ? D'accord. Alors feu...

Cliquetis soigneusement bricolés pour éclairer un peu le disque, les beats entrent discrètement en scène et quelques fulgurances font doucement gonfler l'ensemble, augmentant lentement mais irrémédiablement l'amplitude sonore constatée. La tension grimpe, tout aussi inexorable et l'on attend alors la déflagration. Qui lorsqu'elle survient finalement (non sans s'être fait quelque peu attendre) emporte "Glad" dans une véritable tornade électro-rock-industrial percussive et sauvage, parsemée d'éclairs mélodiques ravageurs et dopée par une fougue digitale peu commune. Un titre et un seul aura suffit : nÄo vient de retourner la planète électro-rock en à peine plus de trois minutes trente. Et de rendre par là-même ces lettres de noblesse à une étiquette musicale (trop ?) souvent largement galvaudée. Dément. Et encore plus lorsque les éclats dubstep viennent s'amonceler autours de l'auditeur, alors soumis à un bombardement sonore intensif et continu. Une véritable abrasion sensorielle que ne renierait pas un 65daysofstatic sous injection de testostérone et un "Ilogic" qui porte décidément assez mal son patronyme alors même qu'il finit d'installer l'auditeur dans un univers musical aussi virtuose que foudroyant. Logique oui. Imparable aussi.

En à peine deux titres, nÄo a déjà bien retourné son monde et ne compte pas se priver pour continuer ainsi afin de prolonger un peu plus le plaisir. Avec un "Uusi (V3.0)" sur lequel le groupe ressort le couplet de l'interminable nappe synthétique génératrice d'atmosphères rétro-futuristes avant de dévoiler un arsenal sonique un peu plus orienté "rock", ou avec "Calibrate" pour lequel les franc-comtois marient dans un même tube à essai leurs trouvailles maison et les ambiances chères à Ez3kiel. Et l'auditeur de se rendre alors compte que la griffe artistique ici proposée, développée mais déclinée est un peu toujours la même, mais qu'elle fait aussi preuve d'une efficacité quasiment irréelle ("Nope", "Imaco"). Redoutable. Et plus encore lorsqu'il s'agit de sortir l'artillerie lourd façon rock/indus de patrons sur l'indestructible "Mechanical" (en même temps déjà le titre...). Rythmes sombres, paradoxes lumineux, nappes artificielles et mélodies aux squelettes en Adamantium, nÄo frappe une fois encore très fort. Comme il le fera avec cette même régularité sur la dernière série de torpilles sonores expédiées dans les enceintes avec une précision chirurgicale ("Somme (V2.0)", "Trent", "Killing time").

Impressionnant.