The Mount Fuji Doomjazz Corporation - Anthropomorphic Anthropomorphic : un album = un seul morceau = 59 minutes d'un alliage hybride de jazz, de drone, de doom et de musique expérimentale. Autant dire qu'il faut s'accrocher pour écouter ça d'une traite et plus encore le chroniquer. Que dire donc sur cet opus signé The Mount Fuji Doomjazz Corporation émanation naturelle et jusque-boutiste de The Kilimanjaro Darkjazz Ensemble sinon qu'il s'agit d'une oeuvre exigeante à ne pas mettre entre n'importe quelles mains (comme les précédentes du collectif, Doomjazz future corpses et Succubus du reste...), insaisissable, anti-mélodique et sans la moindre concession. En grande partie improvisée, sinon complètement, Anthropomorphic a été enregistré dans des conditions live et rend donc la tâche de le décrypter encore plus ardue. Quelques imperfections dans le son, des bricolages électroniques, des réglages pendant les prises et un rendu livré brut, ce morceau-album ne se laisse décidément pas appréhender facilement.
Tellement pas qu'après une douzaine de minute d'épreuve, on se laisse gagner soit par l'ennui, soit par la résignation, ne pouvait décemment continuer à se laisser embarquer dans un jeu de pistes qui ne semble avoir aucune logique. The Mount Fuji Doomjazz Cormporation a voulu expérimenter à outrance, ne s'imposer aucune ligne directrice ni limite et à force de liberté artistique, s'est enfermé dans un espace d'expression en vase-clos, abscons et non-sensique. Parsemée drones et constellé de motifs sonores distordus, cet Anthropomorphic nous met les nerfs à vif au fur et à mesure qu'il déroule sa bobine dans tous les sens. Peut-être était-ce là le but recherché et auquel cas, c'est drôlement réussi. Sinon, c'est un échec artistique absolu, un accident industriel qui se prolonge une grosse demi-heure durant, trente-deux minutes et des poussières de néant avant qu'enfin, l'"album" dévoile un soupçon d'intérêt, quelque douze minutes durant, avant de replonger dans le grand n'importe quoi bruitiste et torturé. Incompréhensible.

NB : apparemment tout ceci aurait un sens pour le groupe, mais force est de constater qu'après deux ou trois écoutes (au-delà, cela devient vraiment compliqué), cet Anthropomorphic demeure une énigme absolue là où les deux efforts précédents de Mount Fuji étaient tout bonnement excellents.