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Biographie > Soliloque

Le projet Monolog a débuté en 2000 par le danois Mats Lindgren. Ce guitariste de formation a baigné dans le jazz et dans le métal. Une ouverture qui a débouché plus tard vers le monde de l'électronique (disons entre breakcore et dark ambient) avec pas moins de 19 sorties à la clé (EPs, albums, singles...). Membre à côté de Vestbrik Noise Ensemble et Diasiva (avec Swarm Intelligence, Mats est aussi un développeur de logiciels musicaux pour les sociétés Native Instruments et Ableton. Son dernier album 2 dots left est sorti en octobre 2013 sur le label berlinois Ad Noiseam (Niveau Zero, Fausten, Enduser).

Monolog / Chronique LP > Merge

Monolog - Merge Monolog sortait il y a deux ans le troublant mais non moins intéressant 2 dots left. Un magma sonore sauce breakcore qu'on n'était pas près d'oublier surtout que l'année suivante, le Danois en remettait une couche avec Merge. Le temps passant très vite, les promos nous parvenant parfois par intermédiaire, voilà qu'on se prend encore plus d'un an de retard sur la chronique du disque précité. Ça fout vraiment les boules parce qu'il m'a encore bien retourné le cerveau et j'aurais aimé vous présenter cet album plus tôt. Qu'importe, après tout, la musique intemporelle du gaillard nous offre un avantage dans cet inconvénient.

Merge porte bien son nom, tant la fusion des sons, des atmosphères et des genres (drum & bass, dubstep, ambiant, breakcore, drone) sont monnaie courante sur cet album. Monolog a bien bossé et plutôt rapidement, comme si le Danois avait bien ourdi ses machines électroniques dégoulinantes de basses avant même de composer ses 11 titres. Il faut préciser que ces derniers font l'objet d'une compilation de titres originaux mais surtout de collaborations et de remixes, ceci expliquant donc cela. Parmi ses invités, on compte des proches et habitués comme Swarm Intelligence, Balkansky ou Tone et puis des moins connus tels que le producteur berlinois Species, des MCs new-yorkais répondant au nom de Flux et Joey Juggaknots et le side-project A Dying User que Monolog forme avec un certain Karsten Pflum. Une expérience musicale pas évidente à décoder (sauf si on est familier au genre) car soumise à des fluctuations dont le désordre en est le leitmotiv.

Tantôt abyssal (avec "Tandfoi" dans lequel le chant de Tone est complètement dérangé), tantôt tapageur ("In return") mais aussi d'une lourdeur impressionnante (dont l'excellente "AEAEGF") et jouant même sur l'effet de surprise (comme ce remix d'un titre hip-hop qui prend cher), Merge dévoile au fil du temps toute son artillerie électronique mais également ses petits détails de fabrication. Et quels sont-ils ? L'intéressé en a dévoilé une partie dans une interview donné à un confrère l'année dernière en mettant en avant les plantages de machines, les accidents de home-studio, mais également le field-recording, qui n'est autre que (grosso-merdo) raconter le monde qui nous entoure en l'enregistrant. De quoi vous donner l'envie de découvrir cette galette pleine de surprises...

Monolog / Chronique LP > 2 dots left

Monolog_2 dots left Quand tu reçois un album d'un artiste électro scandinave, tu sais que cela peut s'avérer gigantesque comme totalement catastrophique. Dans le domaine, le Danemark a une certaine reconnaissance grâce à l'inévitable Trentemøller, mais d'un autre côté, c'est aussi le pays natal de DJ Encore ou, pire, d'Aqua (oui, oui, "I'm a Barbie girl", commence pas à faire l'innocent...). Et puis au milieu de tout ça, tu as des artistes qui durcissent un peu le ton, sonnent forcément moins "pop" que le reste, dont on ne parle que trop peu et qui se révèlent être de belles pépites comme Mads Lindgren, plus connu sous le nom de Monolog. En toute honnêteté, je pense que si le bonhomme n'avait pas signé sur l'écurie Ad Noiseam (Oyaarss, Broken Note, Ruby My Dear, et j'en passe et des meilleurs), je serais passé à côté de son dernier disque 2 dots left.

Monolog n'est pas un novice. Cet ancien guitariste de métal et de punk qui a grandit dans le jazz, s'est littéralement transformé depuis qu'il a bougé à Berlin pour désormais délivrer un subtil ensemble électronique où IDM, drum & bass et breakcore cohabitent à merveille. Quand le maelström de 2 dots left surgit des enceintes, il se révèle en premier lieu étouffant, troublant même. Trop de sons aux structures alambiquées, d'informations à ingurgiter pour nos petites cervelles qui logiquement assimilent la chose à un chaos abstrait. Or, il n'en est rien car une fois digéré, cet album dévoile tout son trésor. Son univers froid et sombre libère une bonne dose de rythmes variables percussifs, souvent furtifs, qui passent et repassent entre et sur les sons synthétiques et ceux provenant des enregistrements en field recording, c'est à dire issus de l'extérieur du studio. Une tension produite où chaque détail compte et dans laquelle Monolog s'adonne à lui gratifier un certain sens esthétique, car le gaillard démontre ses talents d'orfèvre sonore quand il s'agit de tricoter chaque piste instrumentale.

Rappelant, entre autres, certains travaux d'Aphex Twin dans les arrangements mais également la magnitude rythmique de son collègue de label DJ Hidden, 2 dots left a tout de la folie maîtrisée et atteste que son géniteur a une soif inextinguible d'en mettre plein la vue à son auditoire de manière presque zélée, l'album frôlant tout de même l'heure. Notons que dans ton immersion, tu croiseras en route la chanteuse Tone, Dean Rodell d'Underhill et de Machine Code, du bulgare Ivan Shopov de Cooh et Balkansky et de Simon Hayes de Swarm Intelligence. Du beau monde sur un disque qui risque de te laisser quelques cicatrices.