Monolog - Merge Monolog sortait il y a deux ans le troublant mais non moins intéressant 2 dots left. Un magma sonore sauce breakcore qu'on n'était pas près d'oublier surtout que l'année suivante, le Danois en remettait une couche avec Merge. Le temps passant très vite, les promos nous parvenant parfois par intermédiaire, voilà qu'on se prend encore plus d'un an de retard sur la chronique du disque précité. Ça fout vraiment les boules parce qu'il m'a encore bien retourné le cerveau et j'aurais aimé vous présenter cet album plus tôt. Qu'importe, après tout, la musique intemporelle du gaillard nous offre un avantage dans cet inconvénient.

Merge porte bien son nom, tant la fusion des sons, des atmosphères et des genres (drum & bass, dubstep, ambiant, breakcore, drone) sont monnaie courante sur cet album. Monolog a bien bossé et plutôt rapidement, comme si le Danois avait bien ourdi ses machines électroniques dégoulinantes de basses avant même de composer ses 11 titres. Il faut préciser que ces derniers font l'objet d'une compilation de titres originaux mais surtout de collaborations et de remixes, ceci expliquant donc cela. Parmi ses invités, on compte des proches et habitués comme Swarm Intelligence, Balkansky ou Tone et puis des moins connus tels que le producteur berlinois Species, des MCs new-yorkais répondant au nom de Flux et Joey Juggaknots et le side-project A Dying User que Monolog forme avec un certain Karsten Pflum. Une expérience musicale pas évidente à décoder (sauf si on est familier au genre) car soumise à des fluctuations dont le désordre en est le leitmotiv.

Tantôt abyssal (avec "Tandfoi" dans lequel le chant de Tone est complètement dérangé), tantôt tapageur ("In return") mais aussi d'une lourdeur impressionnante (dont l'excellente "AEAEGF") et jouant même sur l'effet de surprise (comme ce remix d'un titre hip-hop qui prend cher), Merge dévoile au fil du temps toute son artillerie électronique mais également ses petits détails de fabrication. Et quels sont-ils ? L'intéressé en a dévoilé une partie dans une interview donné à un confrère l'année dernière en mettant en avant les plantages de machines, les accidents de home-studio, mais également le field-recording, qui n'est autre que (grosso-merdo) raconter le monde qui nous entoure en l'enregistrant. De quoi vous donner l'envie de découvrir cette galette pleine de surprises...