Miss Hélium : Vive la sporulation Si le groupe s'emploi à marier techno et punk, ce n'est pas un hasard. Ces deux mouvements musicaux ont étés et sont les berceaux d'activistes en totale contradiction avec les diverses institutions. Compos binaires et têtues, textes libertaires et réfléchis, Miss Hélium assène ses messages tout du long de ces 11 titres faisant office de collection de tout ce dont le groupe a fait jusqu'à présent. A part la fermeture de l'album quasi-instrumentale ("Les guerres américaines"), tous les titres font au minimum 5 minutes et défilent avec une remarquable aisance.
Ici pas de prises de têtes, des gros beats technos, la guitare de Pascal parfois Bérurière ("Attaque la banque"), font l'affaire durant plus d'une heure et quel plaisir que d'entendre les textes de Tof scandés sur ce son. Et là où l'animal fait fort c'est qu'en employant un vocable simple, il réussit parfaitement à déclamer des textes instructifs, contestataires et riches en images ("La star du système"). En guise d'entrée en matière : "Le cauchemar" revêt des allures d'apocalypse avec son atmosphère assez stressante. Le texte de ce titre d'ouverture est écrit au futur mais le triste constat est qu'il semble faire un état de lieux bien présent de la bassesse de certains comportements humains.Le disque prend des allures de terrorisme musical tant les textes sont opposés à l'ordre moral, médiatique, politique et policier pesant de ces dernières années et qui tant à se faire de plus en plus pressant, que ce soit ici ou ailleurs. Avec une critique amère du capitalisme, de l'égoïsme ou de la crétinerie de base, les textes prennent parfois des accents caustiques ("La crise punk", "Psycho maniaco dépressif") et sonnent l'alarme quant au comportement boulimique des humains en matière de consommation d'énergie ("Junk du fastfood energétique"). Le point d'orgue de l'album étant "Tolérance zéro" où la techno préparée par Tof tappe sur la répression sécuritaire à tout craint qui s'installe chaque jour un peut plus. Sur ce titre, le groupe utilise aussi des voix samplées de politiciens, notamment celle d'un ancien ministre de l'intérieur (suivez mon regard) et sur d'autres morceaux des spots publicitaires afin de les bastonner énergiquement et d'y apposer une contre-lecture assez cinglante. Pour finir, le presque poétique "Casse-tête" précède le plaidoyer anti-Bush "Les guerres américaines" où l'absence de paroles (sauf lors des premiers instants) n'ôte rien à l'impact que créé cette missive technoïde. Sur l'ensemble des titres, la guitare de Pascal, judicieusement placée et orientée, souligne les passages clefs de chaque morceau et y apporte parfois le malaise ("Junk du fastfood énergétique") alors que sur "Le bétail humain" on a l'impression d'être aspiré par un vortex dépressif.
Pratiquant férocement le DIY (Do It Yourself) le duo, sporulant sa musique non gouvernementale par tous les moyens : internet (téléchargement libre et intégral de l'audio comme du visuel en respect de la licence musique libre), raves party, mais aussi sur disque, n'a pas lésiné sur le livret où les paroles de chaque titre sont illustrées par un dessin original et fort expressif. Collant parfaitement à l'idée que musique subversive et engagée doit se propager, Miss Hélium s'est donné les moyens de la délivrer entière à un public refusant le formatage préconisé par les mass-médias.