Ministry - The last sucker Le dernier album. The last sucker. Troisième et dernière spéciale cacedédi à G. W. Bush, le dernier des enculés, de la part d'Al Jourgensen et de son groupe, tout acquis à sa cause. Bien sûr, comme prévu, cet ultime opus est dans la lignée des deux précédents et blaste tout sur son passage avec la fougue et l'industrialité de Psalm 69: the way to suceed and the way to suck egg.
Dès le départ, le ton est donné Push the pedal and go a little faster, comme si ça n'allait déjà pas assez vite... Al n'y va pas avec le (sombre) dos de la cuiller Let's go for a war in Iraq / Let's go for starting up World War III ("Let's go") mais c'est en cherchant les extrêmes que l'on éveille parfois un débat constructif, si George W était au centre de Houses of the Molé, il n'est que le pantin d'une administration en cheville avec les grandes compagnies multinationales qui en reprennent un peu pour leur compte Greed / Power / Corruption / One thing's for certain / We fucking work for Haliburton ("No glory") et pour en terminer avec des extraits de discours, un petit coucou à Dick Cheney qui a sa chanson ("The Dick song") qui traite de ses décisions (My name is Cheney I got no remorse) comme de l'accident de chasse qu'il a provoqué (run run run Cheney's got a gun), c'est à la fois militant et fun, avec les samples et les échos ça en fait une excellente chanson ! Pas la peine de détailler les thèmes abordés, ces citations ou les titres ("Watch yourself" ou les lois ricaines qui les rapprochent chaque jour du Big Brother de 1984) mettent les choses au clair, Ministry préfère simplement la vie à la guerre, la destruction et la mort. Forcément. Dis comme ça, ça peut paraître un peu con, mais au pays de l'Oncle Sam, il est parfois nécessaire de le rappeler et pour etre sûr que le message passe, mieux vaut le dire avec des mots simples... mais efficaces ! A l'instar des rythmiques et des riffs, basiques, machinaux, répétés, le(s) texan(s) fait ce qu'il sait faire de mieux et ce n'est pas moi qui vais me plaindre...
Et après Bob Dylan, Pink Floyd ou Led Zeppelin, Ministry rend hommage à un autre groupe cultissime en explosant le tempo de "Roadhouse blues", le grand classique de The Doors déjà revisité par Pearl Jam, Creed ou le Velvet Revolver (entre autres !) n'a jamais été exécuté à une telle vitesse, le titre se fond donc admirablement dans l'album entre "Death and destruction" et "Die in a crash" et permet au passage à Casey Chaos (Amen) de se frotter à deux monstres sacrés (Al et Jim). Il n'est pas le seul invité de marque sur The last sucker car la douce voix de Burton C. Bell (Fear Factory) squatte toute la fin de la galette (les trois derniers titres). Sur ce dernier (ça fait mal au cul d'écrire ça) opus, Ministry a appliqué la recette magique du précédent, ralentissant la cadence pour offrir un final très mental, certes pas aussi puissant que "Khyber pass" mais "End of days" (décomposé en deux parties) et ses choeurs enfantins serinant end of days vaut quand même le détour... Avec la présence de Burton C. Bell, on a un peu l'impression d'assister à la transmission du flambeau. Et même si Das ende ist her, on peut êtres certains que la flamme ne s'éteindra pas...