MeAstheDevil - MeAstheDevil Plus que conceptuel, c'est un album, voire un groupe, obsessionnel qu'est MeAstheDevil : le diable est partout, depuis le titre jusque dans les textes MeAstheDevil en passant par des petits signes (les croix renversées, le 666). Mais aussi diabolique soit-il, ce disque ne fait pas de prosélytisme, pas de prêchi-prêcha satanique, pas de discours de LaVey ou d'annonce de l'Apocalypse, non, le propos est bien plus terre à terre, c'est la folie des hommes, un peu de fantastique et des ambiances glauques à profusion. Si on croise l'antéchrist ("Spiderface"), il ne pose pas les bras en croix, il se fait plus discret, rampant et dérangeant, préférant se faufiler discrètement partout où il peut plutôt que de débouler à grands renforts d'images tapageuses. Et si l'on pense parfois à Marilyn Manson ("First time"), c'est bien plus par le son et le mélange des loops et des guitares industrielles que par l'approche marketing du politiquement incorrect. Côté zic, c'est donc électro-métal-indus avec cette touche bien sombre qui met mal à l'aise dont Nic-U raffole, et si les deux entités sont différentes, trois titres sont issus de la médiane Confusion ("Evil's eye", "The beast" et "Land of sorrow") et se mêlent aussi bien aux compos de l'éponyme qu'à celles de ce projet que le "Behind the window" apparu sur Don't disturb the beast, les univers de ces amis sont donc très proches, quand l'un explore plutôt la direction pop-folk, l'autre part en expédition vers le rock-métal. Partout les voix sont triturées, filtrées et les mélodies évitent de faire trop de vagues, pour les lignes plus marquées, le piano donne tellement plus de relief qu'il n'hésite pas à prendre de la place ("The great escape plan").
L'intérêt majeur de ce MeAstheDevil, c'est qu'il n'est marqué par aucun de ses courants d'influences, le mélange est subtil, peut-être trop pour ceux qui sont en mal de riffs hâchés et de structures carrées, mais c'est ce qui fait sa force. Et même avec une thématique vieille comme le monde, la reprise de quelques vieux titres et une galette pleine de noirceur, MeAstheDevil réussit à apporter de la fraîcheur.