Marilyn Manson Marilyn Manson La soirée s'ouvre avec Dead Posey, formation californienne menée par Danyell Souza. L'esthétique est solide, teintée de goth-rock moderne, et la chanteuse occupe bien la scène. Pourtant, malgré son énergie réelle, le set peine à accrocher un Zénith qui attend clairement la suite. Leur reprise de "Blue monday" finit par décoincer quelques nuques, mais l'ensemble reste plus prometteur qu'embrasant.

Lorsque les lumières s'éteignent pour de bon, l'atmosphère change. Un rideau noir est tendu sur les premières notes de "Nod if you understand" et le rideau tombe : Manson, silhouette sombre, revient plus affûté qu'attendu. Dès les premières notes, on comprend qu'il a retrouvé une forme de précision qu'on ne lui connaissait plus. La voix est nette, la présence charpentée, l'aisance réelle. Alors même que certains m'avaient dit que Manson sur disque c'était génial, autant sur scène, c'est quitte ou double... Et bien la pièce est tombée du bon côté, son retour en 2025 étant un retour plus que gagnant.

Le groupe, fraîchement recomposé, est un atout majeur : Piggy D (ex-Rob Zombie) tient le bas du spectre, Tyler Bates le "partner in crime" de Manson selon son propre aveu reconstruit les textures familières, Gil Sharone cadence tout ça avec une rigueur implacable, et Reba Meyers, phénoménale de justesse, apporte un tranchant inédit. Son jeu donne un second souffle à des titres parfois usés par les tournées passées. La setlist navigue avec intelligence entre nouveautés ("One assassination under God") et clins d'œil aux 25 ans de Holy Wood (in the shadow of the valley of death), avec "The love song" et "The nobodies" offertes en exclusivité parisienne. Le public s'enflamme instantanément. Manson, lui, surprend par sa lucidité. Il plaisante, improvise, raconte sa "rupture avec la drogue" avant un "The dope show" chargé d'intentions.

Le final, entre "Tourniquet" sur échasses et "Coma white" sous une neige artificielle, termine la soirée sur une note forte, presque solennelle. Pour une première rencontre live avec Manson, le verdict est simple : un retour scénique solide, un groupe redoutable, et une Reba qui confirme qu'elle n'est pas là pour décorer.