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Tout d'abord le line-up atypique du groupe attire l'attention : un batteur qui bat ses fûts (c'est normal et c'est Laurent qui s'en charge), un bonhomme qui bidouille sampleurs et synthés (Cyril) et un bassiste qui chante en la personne de Didier. Voici donc la composition de Mandrac révélée, pour ce qui est de l'historique du trio, il a vu le jour fin 2001 mais ces membres officiaient auparavant au sein de groupes comme Alien Nation, Rubbish Heap ou Substance... L'entité Mandrac a déjà pu partager la scène avec Lab°, Interlope, Meï Teï Shô, Eon Megahertz, bref que du beau monde.
Les talents des différents membres du groupe ne s'arrêtent pas à Mandrac puisqu'ils participent à de nombreuses collaborations (notamment l'album Fundamental foundation de Linkage) et à des projets parallèles comme la composition de musiques originales pour publicités et courts-métrages. Après avoir enregistré 2 démos, le groupe livre en octobre 2004 son premier album : Qwartz.

Mandrac / Chronique LP > Qwartz

Mandrac : Qwartz Résumer ce Qwartz à de l'electro-pop serait très réducteur. Le groupe n'hésite pas à y mêler des éléments provenant de divers horizons tels que le trip-hop, le dub ou le funk et d'en faire une musique riche, désinhibée des règles parfois pesantes de chaque style, réussissant ainsi à retranscrire des univers particuliers. On songe tantôt à Ez3kiel ("Mekanism", "Mimoza") ou au travail effectué par Doctor L, parfois même ce sont des réminiscences psyché-pop 60's ou de précurseurs électro 70's qui se font librement remarquer. Et s'en est fini des comparaisons, promis ! Car Mandrac, en synthétisant ses influences diverses & variées possède ses propres attributs de fabrique : des voyages qui mettent en éveil tous les sens de l'auditeur. Les morceaux savent se faire à la fois cristallins, sucrés et pétillants, ou recouverts d'un grain plus intime ("Mimoza"). L'ensemble est aérien, volatile, scintillant. Les qualificatifs ne manquent pas pour décrire les compositions de Mandrac comme étant attirées par la lumière et la clarté. Du moins c'est l'impression générale que j'ai eu à l'écoute (très agréable au casque) de ce disque même si c'est souvent sous les pulsations insufflées par la basse que les titres prennent un accent plus oppressant ("Digitalized"). "This mess", titre d'ouverture, rebondit de toute part, et autant nourrit de basses que d'aigus, accroche de suite l'oreille. Le sautillant "Anyhow", durant son mémorable final funky, voit apparaître au milieu d'une foule d'invités, Cyparis de Linkage qui était venu pousser la chansonnette dans un tout autre registre : un rap ("Emeute") sur le premier album de Babylon Pression. La senteur du "Mimoza" telle qu'elle nous est décrite par le trio est irrésistible, les notes de piano dispersées ça et là rendent au morceau un coté encore plus féerique. Le miniature "N....N" assure la transition entre le cosmique "Digitalized" et "La situation bascule", morceau à l'esprit toujours aussi aéré. Le titre de clôture, ce "Qwartz" si délicat qu'il ne faut casser sous aucun prétexte, s'approche d'une partie de plaisir avant-gardiste structurée autour d'un doux clavier, répété et tranquillement transformé jusqu'au bout du voyage qui prend fin dans une sorte d'amère douceur post-traumatique. Mandrac fait de ce premier album une pierre aux multiples facettes où la sérénité tutoie le fantastique et ce avec une certaine habileté qui a le bon goût de me plaire.