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La Logique du Pire est un groupe formé par 5 jeunes gens qui préfèrent rester discrets, on sait juste que cette entité musicale existe à Bourges depuis février 2000. Ils viennent donc de fêter leur deux ans d'existence quand j'écris ces lignes et faute de se faire reconnaître, ils ont déjà de quoi se faire connaître.
Après quelques concerts et une apparition sur la compilation Ascenseur 2001, c'est en octobre de la même année qu'ils sortent leur première démo CD, un trois titres éponyme et sobre La Logique du Pire.
Enregistrée et mixée par leurs soins (aux studios Pot'art), cette démo à un son assez bon pour qu'on en parle, alors parlons-en...
En 2003 le premier album s'intitule Coûte que coûte et il faut attendre mi-2007 pour en écouter la suite (mais ça valait le coup d'attendre) : Hiro Shima.

La Logique du Pire / Chronique LP > Hiro Shima

la logique du pire : hiro shima La Logique du Pire a franchi quelques marches d'un coup avec ce nouvel opus intitulé Hiro Shima, exit les quelques petits reproches que l'on pouvait leur faire (la proximité de Rammstein -ou de Mass Hysteria pour certains-, un chant pas assez mélodieux...), La Logique du Pire se ressemble enfin et a travaillé en profondeur chaque aspect de son image comme de sa musique pour devenir un tout non seulement identifiable mais aussi remarquable.
Ainsi le trés beau travail de photographe réalisé par Gérard Rancinan sur les survivants d'Hiroshima (on estime le nombre de morts à près de 250.000 dont 75.000 dans la seconde qui a suivi l'explosion atomique) n'est pas qu'utilisé comme artwork, il est aussi à relier à -au moins- trois titres de l'album qui porte le nom de la ville. "Hiroshima" et "Le souffle du diable" sont des ambiances chargées de samples où la tension est plus ou moins palpable, le premier totalement instrumental sert de rampe de lancement au deuxième co-écrit avec Gérard Rancinan qui dans sa façon de lire son texte me rappelle la collaboration entre Maurice G.Dantec et No One Is Innocent sur Utopia. Si on associe les deux morceaux, on déambule durant presque 15 minutes dans les ruines encore chaudes d'Hiroshima et on comprend pourquoi le groupe a mis un espace dans le titre de son album, histoire de distinguer Hiroshima de l'hiro shima (son nom portait son destin, "terre sauvage") forçant du même coup l'auditeur à la réflexion.
Cependant, celui qui préfère se vider l'esprit en écoutant un album pourra également rester en surface, loin des radiations, et se laisser emporter par les riffs et les rythmes de LLP, reprendre les refrains (Courir, jusqu'à perdre haleine) sans creuser et voir la critique de la société/politique extérieure américaine (le Glock posé sur l'Evangile, une vie de rêve loin de Tikrit). Encore une fois, si ça joue vite et bien, que c'est bien produit, il serait dommage de ne pas s'attarder sur les discours qui sont pour le moins engagés ("Personne en face" ou "Le partisan" à propos de notre politique par exemple) et bien écrits. Il n'est donc pas étonnant de retrouver Niko des Tagada Jones sur "Etouffés", les deux combos n'ayant pas leur langue dans leur poche quand il faut s'attaquer à la société de consommation (puisque Nous n'avons rien à perdre). Le métal-indus laissant peu de place aux respirations, on profite de quelques petites intros à base de sample ou de breaks fort bien envoyés ("Masses critiques") pour souffler. Que ce soit le thème principal ou la couleur des sonorités, ce n'est pas trés réjouissant et même si le groupe arrive à nous insuffler une partie de son énergie, on reste grave et quand le tempo de "Bête à concours" s'allège des gros coups de butoir avec le remixage d'E.D.A. (Enhancer), on n'entre que plus dans les textes et son constat accablant...
Sur la partie CDRom de l'objet, tu peux mater "Est / Ouest" en live, suivre les liens proposés par le groupe et écouter 5 remixes assez intéressants. La version digipak contient du bonus en veux-tu en voilà et comme il en reste un peu, je vous le mets quand même ! En plus de l'album (et de ses propres bonus), on a donc le droit à un DVD dénommé Manhattan project avec des dizaines de photos, un live complet (10 titres !!!) du groupe version "show case" sans public mais dans le décor qui leur sert également d'artwork, un making of de l'enregistrement du disque (dans une école) et un autre making of de l'écriture de "Le souffle du diable" avec Gérard Rancinan, l'auteur des photos.
Le travail de La Logique du Pire est énorme car réfléchi et percutant. C'est suffisament rare dans le monde musical d'aujourd'hui qu'il faut en profiter au maximum.

[fr] rancinan.com (84 hits)External ]

La Logique du Pire / Chronique LP > Coûte que coûte

LLP CqC Janvier 2003, La Logique du Pire est de retour avec Coûte que coûte son premier album, un album qu'ils ont enregistré eux-mêmes durant le mois d'août 2002 et qui est distribué par Furtive Records. La Logique du Pire sort son premier album et ceux qui avaient la démo connaissent déjà trois des huit titres : "L'espoir" (au titre raccourci), "Privés de lumière" et "Une vie entière pour mourir". Si je ne m'abuse ces titres ont été retravaillé et les quelques samples purement Rammsteinniens ont été remplacés par d'autres, la batterie a gagné en consistance, à part la basse que je trouve toujours en retrait, le groupe a donc corrigé ce qui pouvait l'être après la démo. Et on a bien entendu cinq nouvelles compositions, "Pas de faiblesse" met en valeur la qualité des choix des samples, "Coûte que coûte" démontre qu'ils peuvent accélérer le tempo à la fois de manière dansante et... lourde... c'est un des titres qui envoie le plus sévèrement, ça doit donner en live... "Au centuple" est lui aussi calibré pour le live, avec des breaks qui ne font qu'augmenter la puissance des attaques qui les suivent. Après une bonne intro "Numerus clausus" pêche un peu par ses paroles et "Jour après jour", très proche de Rammstein dans les grattes, bénéficie d'une très bonne intro et d'un chant parfois rappé sans pour autant qu'on puisse le qualifer de rap-indus (un nouveau style ?), ces deux titres sont ceux qui devraient dans l'avenir encore faire progresser le groupe puisque ce sont les seuls à sembler un peu plus faibles, notamment au niveau du chant. C'est le secteur dans lequel La Logique du Pire peut davantage progresser rapidement et on leur fait maintenant entièrement confiance pour travailler et encore travailler. La démo était porteuse d'espoirs, Coûte que coûte est venu combler nos attentes (et les a même dépassé), on attend désormais de voir le groupe sur scène et s'ils continuent dans cette voie, on ne se fait pas de soucis pour eux, même en évoluant dans un style pas très porteur, ils devraient se faire entendre.

La Logique du Pire / Chronique EP > La Logique du Pire

LLP maxi La Logique du Pire a la principale qualité de son plus gros défaut et vice versa. A savoir que si on taxe La Logique du Pire de "Rammstein français", on peut prendre ça comme un compliment mais également comprendre que la ressemblance est plus que frappante. Moi, je prends le pari de parler de ce groupe, ils sont jeunes et devraient donc affiner leur musique par la suite, se détacher de leurs influences et créer leur propre truc, ils en ont audiblement les moyens. En effet les trois titres sont intéressants, le seul hic étant la présence de quelques riffs et de 2 samples déjà utilisés par Rammstein. Alors appartiennent-ils à des banques de sons libres de droits ? Je n'en sais rien, tout ce que je sais c'est que j'ai immédiatement tilté à leur écoute "ça, c'est Rammstein !" Pour le reste (et donc la grande majorité du temps !), c'est du métal-indus de fort belle facture avec un chant en français très distinct et des paroles bien au-delà du niveau moyen (et largement au-dessus des teutons). C'est très entrainant par les loops et les enchainements ("L'espoir est le sang des hommes libres"), très rentre-dedans parfois, mélodique à d'autres moments (comme le refrain de "Privés de lumière"), dômmage que la batterie et la basse ne percutent pas plus (mais bon, ça c'est plus une question de production je pense...). "Une vie entière pour mourir" doit être pris comme titre de référence, c'est le plus éloigné de leurs influences rhénanes et donc le plus accrocheur, surtout qu'il comporte quelques riffs néo qui se marient très bien avec les samples.
Un groupe se construit en faisant des erreurs, je ne suis pas du style à les excuser facilement (les erreurs) mais s'ils continuent dans leur voie, celle ouverte avec "Une vie entière pour mourir", ils me donneront raison et j'adore avoir raison. Au boulot les gars !