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Déconneurs et rappeurs, Karlit & Kabok débordent d'énergie et se font remarquer (via le web) au point de participer aux Garorock, FestiVal de Marne ou Le Printemps de Bourges, loin de leur berceau Lyonnais où ils se sont produits dans les premiers temps. L'aboutissement d'années d'associations de rigolades, de hip-hop et d'électro prend forme avec un premier album, Musik d'ascenseur pour kages d'eskalier sorti le 14 avril 2008 via Jarring Effects (Ez3kiel, L'Oeuf Raide, Brain Damage, Fumuj, Scorn, Revo, ...). Bienvenue dans l'univers grâvos de chez grâvos construit par les deux associés au style bien ancré.

Karlit & Kabok / Chronique LP > Musik d'ascenseur pour kages d'eskalier

Karlit & Kabok - Musik d'ascenseur pour kages d'eskalier A l'instar de Didier Super ne jurant que par son humour (noir) dévastateur ou de Tronckh assumant l'étiquette de "déglingo-core", les compères Karlit & Kabok endossent pleinement les rôles de déglingués du rap, quelque-part entre les univers décalés de Jonaz, Fumulubudu ou, bien sûr, des Svinkels. Pas loin, circulent aussi les noms de La Caution (pour certains flows et une manière habile de manipuler les mots) ainsi que celui de Redbong puisque & Kabok">K & K usent aussi d'une collision électro/rap, produisant ici de sacrées étincelles. Pas étonnant d'ailleurs que Karlit & Kabok soient venus pousser une gueulante sur La France qui se lève tard (et qui t'emmerde...), le deuxième album des stéphanois. Tandis que "Cé ma fam" pourrait être issu d'une session d'enregistrement des furieux Enhancer, alors en mode "hip-hop de rue". Pour gagner en précision, on pourra se référer au groupe lui-même qui aime à scander "Prenez un Do It Yourself et à cela rajoutez 500 grammes de punk et une pincée de variété, un soupçon d'électro une ligne de hip-hop, vous remuez, ça sent fort, c'est Karlit & Kabok" pour se définir.
Rap taillé sur mesure pour "goleri", hip-hop sarcastique, flows à l'esprit keupon et musique délibérément limitée ne mettent pas longtemps à faire comprendre le jeu de rôle auquel participent les deux trublions. Qu'ils nous abreuvent de rimes démentes ("t'es vénèr et t'as la haine / viens faire un geng-beng", "on s'amuse de la censure / ou pourra jamais s'calmer / on fait de la musique d'ascenseur pour les cages d'escaliers") ou sifflent quatre minutes d'arrêt (le si poignant et joliment désuet "Rien à attendre"), Karlit & Kabok ne se prennent absolument pas au sérieux. L'auto-dérision et le ridicule volontaire sont les marques de fabrique de ce premier album, qui prennent places aussi dans son titre : Musik d'ascenseur pour kages d'eskalier et son orthographe très approximative. A délivrer de poilants passages auto-descriptifs ("un style corrosif, un son à la tétris, au micro comme un trisomique overdosé", "on a un son dégueu qui fait flipper et c'est kiffant), égratigner son entourage ("c'est ma femme mais j'préfèrerais que ce soit la tienne") ou s'immerger dans un univers atypique ("ca y est c'est le week-end, fais péter les Heineken !"), le duo excelle en matière d'activation de zygomatiques à distance. Pour se mettre en appétit, je ne saurais combien vous conseiller l'écoute du trio de chansons placées en tête de tracklist : "Karlit & Kabok", "La moustafette" ("trois moustachus dans une estafette / toujours prêts pour niquer ta fête", "tu sais que dedans y'a trois blaireaux / et qui sont pas là pour fumer un bédo") et le démoniaque "J'ai pas d'sous" (et ses "j'ai l'compte en banque qui pisse le sang" à se taper la tête contre les murs !).
Véritables tubes en puissances, marqués de refrains joyeusement entêtants posés sur une musique des plus rudimentaire mais tellement attachante, cette Musik d'ascenseur pour kages d'eskalier est autant là pour te faire bouger que chanter (gueuler, c'est possible aussi) ! Karlit & Kabok produisent du rap à ricaner, parfait pour passer un excellent moment de détente... à moins qu'ils "ne te pètent les tympans et se barrent en courant" !