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Biographie > Electro-pop music immunisante

Né à Lyon dans le courant de l'année 2001, Immune est un groupe composé de quatre multi instrumentalistes : Gary (chant, guitare), Julien (basse, violoncelle, guitares), Jean-Sébastien (batterie, samples, programmations, claviers, chant) et Martin (piano, guitares, basses). Désireux de produire une musique minimale, dépouillée et intimiste, un mélange d'ambient éléctronique et de pop organique, le groupe travaille au fil des mois sur des titres qui figureront sur plusieurs compilations : notamment Nuisance sonore, produite par Bent Records, Rock post, une compil de (comme son nom le suggère) post-rock ou Winter wishes, réalisée par le label US Silber Records.
2004, presque trois ans après ses débuts, Immune sort un premier disque éponyme et complètement autoproduit puis participe l'année suivante au projet Tokyo reels. Un film réalisé par le cinéaste Jérôme Dittmar à partir du travail du groupe lyonnais et articulé autour du thème de la mémoire. Quelques mois plus tard vient alors l'heure pour le quartet d'entamer l'enregistrement de son premier véritable album : Sound inside, qui sort finalement le 24 avril 2006 via The Stilll Label (aMute).

Immune / Chronique LP > Not until morning

immune_not_until_morning.jpg Après avoir manié l'épure comme d'autres orchestrent patiemment des crescendo éruptifs, après levé le voile sur des mélodies fragiles serties d'harmonies évanescentes et mêlé avec goût, post-rock organique et post-classique délicat, Immune poursuit son oeuvre avec son deuxième album : Not until morning. Deux années se sont écoulées depuis Sound inside et le quatuor lyonnais revient déposer avec une infinie douceur, huit nouvelles compositions mélancoliques et à fleur de peau. "Lie awake", "Slow backwards", des instrumentations dépouillées, un chant incertain qui perce la brume électro-acoustique qui enveloppait jusque là les premières minutes de Not until morning. Des morceaux où le groupe élève la notion de méticulosité au rang d'art. La musique d'Immune ne doit décidément rien au hasard, tout jusqu'au plus insignifiant détail y est réglé comme un chronomètre suisse. De boucles électroniques répétitives en mélodies acoustiques lumineuses, les lyonnais nous plongent dans un état de coma semi-conscient ("Wakering of a former land") qui n'est pas sans nous rappeler par instants les travaux de Silencio (dont l'un des membres est du reste le fondateur du label Eglantine Records chez qui sort aujourd'hui Not until morning. Bercé par des compositions qui évoquent Arms and Sleepers les Tindersticks dans ces moments de poésie apaisante et de contemplative onirique que nous offre Immune, l'auditeur traverse cet album avec le sentiment de vivre un rêve semi-éveillé ("When we faint", "Hello)"... Et si, certains titres flirtent parfois un peu dangereusement avec les frontières de l'ennui, l'ensemble se laisse découvrir avec le sentiment de passer les portes d'un univers musical riche et onirique, pour peux que l'on se donne la peine de l'appréhender à sa juste mesure...

Immune / Chronique LP > Sound inside

Immune : Sound inside Musique d'ascètes, l'éléctro-pop acoustique et minimaliste d'Immune surprend dès les premières mesures de Sound inside par l'apparente volonté du groupe de délivrer une musique aussi dépouillée qu'organique. Enveloppées dans un halo diaphane aux touches d'éléctronica discrète, les compositions de la formation lyonnaise se bercent par elles-mêmes dans des nappes éthérées de guitare ou de violoncelle, entre post-rock et néo-classique. Des mélodies fragiles, un chant lointain comme perdu dans l'oubli, Sound inside est une invitation à l'introspection, un album versant délicatement dans l'intime pour résonne comme un écho aux pensées qui hantent notre esprit. Au risque de nous perdre, musicalement parlant...
Minimaliste à souhait, Sound inside aurait tout aussi bien pu s'appeler Silence inside, on n'y aurait, malheureusement, vu que peu de différences. Et en même temps, paradoxe oblige, c'est là que tout se joue. A l'instant même où la musique d##'Immune semble s'égarer dans ses excès de silence, elle parvient enfin à s'insinuer dans notre esprit. Les ambiances synthétiques de "Lighthouse", les mélodies tenues de "Your landscape" ou "Throught tides" baignent ainsi l'auditeur dans un océan de douceur cotonneuse et hypnotique savamment orchestrée. Par des arrangements post-classiques discrètement nappés d'éléctronica ("Acoustic memories"...), les compositions du quartet lyonnais dévoilent, une à une, leurs nombreuses facettes pour doucement nous plonger dans une torpeur apaisante et illusoire.
Electro-pop évocatrice d'un passé oublié et soudainement résurgent, "Streams go blind" déploie ses boucles éléctroniques de manière à participer à la conception d'une oeuvre à l'architecture en perpétuel mouvement, à la naissance d'un album sans effet superflu, profond, triste et lentement contemplatif ("Thousand leaves"). Sound inside est un disque d'ambient sombre mais jamais désespéré, une oeuvre soignée et cohérente, réfléchie et délicatement atmosphérique, dans ses mélodies tranquilles aussi bien que dans ses silences feutrés.