immune_not_until_morning.jpg Après avoir manié l'épure comme d'autres orchestrent patiemment des crescendo éruptifs, après levé le voile sur des mélodies fragiles serties d'harmonies évanescentes et mêlé avec goût, post-rock organique et post-classique délicat, Immune poursuit son oeuvre avec son deuxième album : Not until morning. Deux années se sont écoulées depuis Sound inside et le quatuor lyonnais revient déposer avec une infinie douceur, huit nouvelles compositions mélancoliques et à fleur de peau. "Lie awake", "Slow backwards", des instrumentations dépouillées, un chant incertain qui perce la brume électro-acoustique qui enveloppait jusque là les premières minutes de Not until morning. Des morceaux où le groupe élève la notion de méticulosité au rang d'art. La musique d'Immune ne doit décidément rien au hasard, tout jusqu'au plus insignifiant détail y est réglé comme un chronomètre suisse. De boucles électroniques répétitives en mélodies acoustiques lumineuses, les lyonnais nous plongent dans un état de coma semi-conscient ("Wakering of a former land") qui n'est pas sans nous rappeler par instants les travaux de Silencio (dont l'un des membres est du reste le fondateur du label Eglantine Records chez qui sort aujourd'hui Not until morning. Bercé par des compositions qui évoquent Arms and Sleepers les Tindersticks dans ces moments de poésie apaisante et de contemplative onirique que nous offre Immune, l'auditeur traverse cet album avec le sentiment de vivre un rêve semi-éveillé ("When we faint", "Hello)"... Et si, certains titres flirtent parfois un peu dangereusement avec les frontières de l'ennui, l'ensemble se laisse découvrir avec le sentiment de passer les portes d'un univers musical riche et onirique, pour peux que l'on se donne la peine de l'appréhender à sa juste mesure...