Hidden Orchestra - Archipelago Collectif anglo-saxon ayant acquis ses lettres de noblesse en matière de trip-hop jazzy cinématique et électronique avec son premier album, Night walks, paru comme son successeur en CD sur le label anglais Tru Thoughts et LP via l'incontournable allemand Denovali Records, Hidden Orchestra présente aujourd'hui la suite de cet effort inaugural avec Archipelago. Une œuvre aventureuse et élégiaque qui se fait ici l'écho des très belles promesses entrevues lors de la première rencontre entre le groupe et son auditeur.

Depuis deux ans, le quintet (composé notamment de deux batteurs) a parcouru le monde (une petite vingtaine de pays visités), en compagnie de Bonobo notamment, fleuron trip-hop/downtempo de l'écurie Ninja Tune et a enrichi sa musique de ses expériences nouvelles, de ses samples et autres sons collectés au gré de ses pérégrinations scéniques et géographiques. Archipelago est de fait la résultante de deux années de maturation dans le processus de composition du groupe, mais également et surtout de tout ce qui le nourri consciemment ou inconsciemment. Un ressenti que l'on expérimente dès l'"Ouverture" de l'album et qui suit l'écoute jusqu'au terme.

"Spoken", "Flight" - qui était sorti en single vinyle quelques mois avant l'album - sont autant d'étapes musicales d'un voyage aux confins de l'univers sonore d'Hidden Orchestra. Percussif, rythmé par d'incessantes trouvailles qui laissent penser que la présence de deux batteurs ne doit rien au hasard, porté par des envolées de violons à la puissance évocatrice immersive, Archipelago dépeint des panoramas à découvrir par procuration, confortablement installé dans son fauteuil pendant que les Anglais baladent un groove enfiévré sur la platine ("Vorka", "Hushed"). Entre trip-hop velouté, électro chaloupée et pop satinée portée par une myriade de textures sonores divinement ciselées. Jusqu'à emporter l'auditeur avec lui dans le maelstrom nébuleux de "Reminder".

Un album cinégénique et contemplatif, des morceaux qui invitent à l'évasion sensorielle (on pense là à "Seven hunters" ou "Disquiet" notamment) et toujours ce mélange de trip-hop mondialisé et de jazz très moderne ("Fourth wall") bercé par une électro fugitive et gracile, avant de s'offrir une ultime escapade sur cet Archipelago pour parvenir à "Vainamoinen" et faire atteindre à l'auditeur un état de quiétude ataraxique absolue. Très classe.