Hidden Orchestra - Night walks "Antiphon", ses ambiances pluvieuses sur lesquelles viennent se perdre les esquisses mélodiques d'un groupe qui prend son temps pour sculpter des compositions oscillant entre jazz mutant, trip-hop organique et electronica feutré, des atmosphère enivrantes et un groove fusionnel, en un seul morceau Hidden Orchestra rallie l'auditeur à sa cause. Mélange des genres et songwriting raffiné, un assemblage musical d'une rare élégance, fruit de bricolages inventifs et autres petites trouvailles originales, ce morceau chargé d'ouvrir le premier album du collectif anglo-saxon est une pépite absolue à la beauté rare. Coup d'essai pour coup de maître confirmé par ce qui suit et notamment, "Footsteps" séquelle immédiate d'"Antiphon" qui a la lourde tâche de passer après un bijou mais qui, dans une veine jazz classy et trip-hop évoquant Massive Attack réussit le petit miracle de poursuivre sur le même tempo, avant que "Dust" ne vienne nous plonger dans une mélancolie cotonneuse rythmée par des orchestrations graciles et captivantes.
Il n'aura fallu à Hidden Orchestra qu'une poignée de titre pour faire de son Night walks, un véritable petit chef-d'oeuvre en puissance. Une impression confirmée avec "Tired & awake" et son gimmick à cordes hypnotique dompté par un beat trip-hop/drum'n'bass obsédant, "The windfall" cinégénique et enfiévré ou "Out of nowhere" et ses explosions de sons éparpillés aux quatre coins du studio. Impressionnant de maîtrise comme dans manière, idéale, de mélanger les genres au sein d'un même espace d'expression, insufflant une richesse inédite à ses travaux, quelque part entre un Radiohead ayant flirté en studio avec The Cinematic Orchestra, un Prefuse 73 voyageant dans le temps sur du Debussy. Une science rythmique qui confère au chirurgical, une mécanique de haute précision qui se met en branle, conduit la mélodie, dirige l'orchestre avec une fluidité rare ("Wandering"), textures électroniques qui embrase la partition ou jazz plus ténébreux sensé nous emmener dans des contrées inexplorées ("Stammer"), Hidden Orchestra réussit tout ce qu'il entreprend avec une aisance déconcertante. Jusqu'à "Strange" merveille de post-pop/jazzy scintillante qui, avec "Undergrowth", conclue idéalement un disque en tous points remarquable.