indus Indus > Greg Haines

Biographie > Greg H...aines pas House

Greg Haines en live Artiste compositeur, arrangeur et sculpteurs de sons comme seul le label Denovali Records sait en dénicher à travers la planète (remember Ben Chatwin aka Talvihorros, Oliver Barrett aka Petrels pour ne citer qu'eux), l'anglais mais basé à Berlin (en Allemagne pour les zéros en géo) Greg Haines n'a pas toujours été affiliée à l'éclectique et prolifique label de référence en matière de musiques sans-frontières géographiques ou stylistiques. En 2006, après avoir passé plusieurs années à expérimenter dans son coin sans jamais rien sortir officiellement, ce natif du Sud du Royaume-Uni livre un premier album en solo intitulé Slumber tides par le biais du label norvégien Miasmah (Encre, Jacaszek) fondé par un certain Erik K.Skodvin.

Le succès, dans les sphères musicales spécialisées (ambient, électroniques et expérimentales), et Greg Haines tourne un peu partout aux quatre coins du globe et multiplie les collaborations artistiques (Three days of fever avec le néerlandais Wouter Van Veldhoven notamment) avant de sortir quasiment coup sur coup un EP (Komarovo, 2009) puis un second effort long-format (Until the point of hushed support, 2010). Enchaînant alors les performances live et faisant la tournée des festivals consacrés à son registre musical l'anglais ne s'arrête plus et sort en 2012 l'EP Moments eluding puis l'album Digressions après avoir contribué au projet The Alvaret Ensemble en compagnie notamment de Nils Frahm et Peter Broderick, lequels lui valent de s'attirer les faveurs du très prolifique et exigeant label Denovali Records (Bersarin Quartett, Hidden Orchestra, SJ5, The Kilimanjaro Darkjazz Ensemble...).

En 2013, le label compile les trois premiers enregistrements solo long-format de l'anglais sur un coffret 3xCD/5xLP quasi intégral avant de sortir son quatrième album : Where we were.

Greg Haines / Chronique LP > 2006-2012

Greg Haines - 2006-2012 Sorti quelques jours avant Where we were, son quatrième album solo, 2006-2012 est comme le titre l'indique la compilation en mini-coffret 3xCD (également disponible en boxset Deluxe 5xLP) de tous les enregistrements long-formats réalisés par Greg Haines depuis que celui-ci s'est lancé dans la composition d'album(s) en solitaire. Soit trois opus intitulés Slumber tides, Until the point of hushed support et Digressions, autant d'œuvres attestant d'un talent rare chez le sculpteur de sons britannique, pour les petits bijoux instrumentaux brillant ici du plus bel éclat et au passage livrés dans de très beaux objets, comme toujours avec la maison de disques Denovali Records. Laquelle ne cesse donc jamais d'amasser des pépites composant une discographie hors-normes.

Slumber tides est chronologiquement la première prise de contact avec l'univers du compositeur anglo-saxon qui dès la (longue) introduction de "Snow airport" développe des arrangements à cordes brillant autant par leur minimalisme apparent que leur finesse méticuleuse. Le souci du détail parfait est ici permanent et Greg Haines prend tout son temps pour distiller une musique expérimentale qui flirte en permanence entre ambient intemporel vaporeux et instrumentations post-classiques à la modernité très affirmée, en témoigne l'étrange et magnétique "Submergence" porté par des chœurs féminins venant hanter la trame mélodique d'un titre littéralement obsédant. Ce juste avant que son auteur ne le fasse basculer dans le génie pur au travers d'un climax émotionnel absolument exquis. L'Anglais ose, (re)cherche, expérimente et trouve des trésors sonores (le ténébreux "Tired diary", l'intense "Arups gate") avant de baisser magistralement le rideau invisible de ce premier album sur l'énigmatique mais fascinant "Caesura".

La suite, compilant sur 2 disques les albums Until the point of hushed support puis Digressions, soit deux nouveaux périples oniriques au travers des limbes de l'œuvre du compositeur anglais, est aussi peu dispensable que l'est Slumbertides. Odes à l'abandon sensoriel ou plus généralement créations revendiquant l'héritage des grands maîtres Ärvo Pärt, Philip Glass ou Steve Reich, tout ce que touche Greg Haines se transforme en pépite. Et celui-ci en profite allègrement pour distiller une musique néo-classique aux textures variablement contemporaines touchant l'auditeur par leur profondeur de champ. Epaulé par des musiciens du calibre de Nils Frahm, Peter Broderick (tous deux sociétaires de l'excellent label anglais Erased Tapes) ou Dustin O'Halloran (d'A Winged Victory For The Sullen), l'Anglais fait à peu près tout ce qu'il veut avec la même constante : soit une classe étourdissante qui ravira les esprits critiques les plus aiguisés comme les autres.

Brillant.

Greg Haines / Chronique LP > Where we were

Greg Haines - Where we were En matière de créations musicales mêlant ambient expérimental, électronique prégnante et post-rock volatil, Greg Haines marque très clairement de son empreinte des territoires sonores qu'il explore et appréhende avec talent sur avec ce Where we were sorti chez Denovali Records (Bersarin Quartett, Petrels, TKDE..). Un album qui fait suite à une "intégrale" des enregistrements de l'Anglais également paru par le biais du label allemand sous le titre : 2006-2012 et qui témoigne autant d'une évolution artistique que d'une approche similaire dans la recherche d'émotions pures, dans cette manière très personnelle de ciseler des motifs mélodiques posant des ambiances tantôt ouatées, tantôt plus menaçante, toujours immersives et fascinantes ("The intruder", "So it goes").

Une pluie de petites trouvailles sonores qui bruissent tout autours de l'auditeur, des rythmiques parfois entraînantes ("Something happened"), Where we were est la bande-son d'un road-trip noctambule et halluciné. Un nocturne post-moderne aux vibrations mécaniques et petits bricolages emmenant l'auditeur dans un monde à part ("Trasiemo"), fait d'apparitions étranges et de manifestations sensorielles quasi inédites. On serait idéalement chez David Lynch (réalisateur pour le cinéma de Lost Highway ou Mulholland Drive) que l'on ne s'y tromperait pas en termes d'atmosphères claires/obscures brumeuses et de magnétisme bruitiste intemporel. Car Greg Haines se plaît à jouer avec les sens, les directions musicales, oeuvrant tantôt sur la mélodie avant de ferrailler sur le côté percussif, presque tribal d'un "The whole".

Mais se sachant potentiellement limité par ce concept ambient technoïde trop réducteur pour lui (même si parfois bluffant - cf: "Habenero"), il en repousse rapidement les frontières pour livrer de véritables créations difficilement identifiables mais exerçant une attraction rare ("Wake mania without end II"). Quelque part entre néo-classicisme post-moderne et ambient retro-futuriste, l'Anglais néo-Berlinois joue avec les codes d'un certain minimalisme hérité de sa ville d'adoption, sans pour autant oublier les quelques poussées de fièvre qui font les climax de son oeuvre, entre arpèges de clavier électronique et rythmiques tribales. Pour un résultat hybride et organique en forme de voyage downtempo fait d'improvisations "contrôlées" (le paradoxe créatif est voulu) et d'éclectisme intelligent. Cohérent et particulièrement inspiré...