Grasscut - High down 3 titres en forme de préambule avant un album long-format complet. Comme un avant-goût permettant d'introduire le projet Grasscut aux amateurs de musiques rock et électroniques sortant des sentiers battus, avant un plat de résistance plus copieux. Ballades electro-folk aux tonalités douces-amères, arrangements synthétiques et mélodie au clavier, chant passé au filtre digital et effluves expérimentales, tout chez ce duo anglo-saxon donne l'impression que sa musique arrête le temps. Guitare, synthé, chant, contrebasse, xylophone, mégaphone et piano, les deux multi-instrumentistes jouent de leurs multiples talents et laissent leur EP multiplier les directions musicales, les faisant parfois même s'entrecroiser au détour de quelques samples, histoire de désorienter un peu plus l'auditeur.
Et cela fonctionne plutôt bien, car si l'éponyme "High down" semble un peu abrupt à la première écoute, "Swallow the day" parvient à littéralement nous immerger dans un univers musical fait de petites trouvailles sonores, de textures électroniques inventives et de mélodies nappées de métaphores soniques. Après deux titres, on pense avoir tout compris de ce qu'est Grasscut, lorsque débarque "Sorel point", troisième et dernier titre pour l'EP qui bouscule nos vagues certitudes avec une délicatesse pourtant infinie. Arpèges de guitare, cliquetis électro, voix incertaines et halo minimaliste enveloppant l'ensemble, le duo anglais parvient encore une fois à nous égarer pour mieux nous emmener là où il l'a voulu. Dans son jardin musical où les combinaisons d'électronique, de musique post-classique et de pop électrique venue d'ailleurs parviennent à ciseler quelque chose qui soit à la fois incroyablement inventif et joliment accrocheur.