The Front Porch Poets - For the record Il y a des périodes comme ça où les rédacteurs aux goûts musicaux éclectiques enchaînent des chroniques d'artistes aux styles analogues. Pour ma part, le hip-hop m'est tombé dessus pour la troisième fois consécutive. Un hasard ? Sûrement, même si je commence sérieusement à me poser la question puisque la situation est la même sur mes derniers concerts. Et voilà que du hip-hop batave me tombe sous la main et je m'attendais naïvement à découvrir cette langue sous son aspect musical. Raté ! The Front Porch Poets maîtrise celle de Shakespeare aussi bien que les anglophones, tout du moins sur disque, à croire qu'ils ont émigrés aux Pays-Bas. En tout cas, ce n'est pas dans notre bonne vieille France qu'on verra ça un jour, question de culture ou de fierté linguistique peut-être.
For the record respire le "monomaniaquisme" de la contre-culture hip-hop fait par des gens concernés par ce mouvement et professionnels de surcroit. Derrière leur look urbain, Dave Redi et Mr. Ramble sont de grands fans de la mouvance east-coast, celle qui puise dans la soul pour en diffuser ses effets enivrants garantis. Ce n'est donc pas si étonnant si leur premier disque rappelle des classiques du genre comme Nas, Mobb Deep ou les productions du légendaire DJ Premier. Et qui dit east-coast, dit années 90, la bonne époque concèderont certains, celles où les scratchs remplaçaient les chœurs fastidieux trop souvent nombreux de nos jours et où les productions étaient à base de samples alléchants qui rendaient souvent un hommage sincère à leurs auteurs. The Front Porch Poets délivre, sans révolutionner quoi que ce soit, un album honnête truffé de morceaux qui sentent bon la rue et adjacents à ceux des rappeurs de la trempe de Talib Kweli ou Dilated Peoples. Des excellentes signatures souls de "Blood, sweat, tears" et "For the love of it" au rythme fracassant de "Soul survivor", For the record sera probablement le sésame qui ouvrira les portes de l'international à ce duo habile et consciencieux d'Arnhem.