FLOU FLOU c'est un trio qui fait du son à partir de trois fois rien, impressions de bricolages électro, beat envoûtant, les frontières du rock et de l'électro se font floues, surtout avec des titres comme "Underground" ou le tubesque "Divan mort". Et oui Le divan est mort, mais sans référence à Henry Chapier, petit riff électro à la Bontempi, paroles un peu ubuesque -Bonjour le jour-, beat ultra-simple, la simplicité est accrocheuse et le suspens dure jusqu'au couplet, explosion saturée d'un synthé, trois lignes de chant qui tournent en rond, -le jour je suis un mort-vivant, la nuit je suis un divan mort-, l'atmosphère prend de la consistance, avec des paroles auquelles on cherche encore un sens, la mélodie est entêtante à souhait, une ligne addictive que FLOU exploite avec rigorisme sans pour autant négliger la texture du son, magique et intense.
La grande satisfaction de FLOU, c'est surtout de ne pas se prendre au sérieux, avec un "Je prends les gens pour ce qu'ils sont" (des gros cons !), -ma seule religion c'est le pognon, PEA, livret A, action, passion-, bref des paroles que ne renierait absolument pas Miss Hélium, sauf que FLOU n'en a pas fait son fond de commerce, chant entêtant, voix assez particulière, touche finale finissant de vriller une mélodie ou une phrase dans la tête. Le trio arrive à composer d'excellentes chansons sorties d'on ne sait pas trop où, comme le très dansant "Paris" avec sa trompette, son couplet baveux et sa guitare à la fois funk et cradingue, ou encore l'icônoclaste "N'importe quoi dans ma tête" où on est à la limite de l'absurde, voire même tombé dans la cuvette, guitare timide, basse hypnotique, passage chantonné, l'alchimie de FLOU marche à reculons, emboîtement de paroles absurdes ou très profondes c'est selon, guitares discrètes, bruitages et samples omniprésents, il y a du génie dans cet assemblage électro-rock.