final_three.jpg Après l'EP Solaris, Justin Broadrick a poursuivi ses explorations sur The first millionth of a second sorti en 1997 avant de mettre de côté le projet Final, ou tout du moins d'un point de vue strictement discographique. Et ce n'était sans doute pas plus mal ne manqueront pas d'ajouter les plus réfractaire à l'univers ambient/mood minimal de l'anglais. S'ensuivent alors neuf années de silence, pendant lesquels Broadrick, bien que largement accaparé par Godflesh, Ice, The Sidewinder ou Techno Animal passe pourtant régulièrement un peu de temps à bosser sur de nouvelles compos en vue d'un troisième album long-format. Celui-ci débarque donc en 2006 et s'intitule très sobrement Three. Et pour le coup, JKB n'y va pas de main morte puisqu'il dépose entre nos tympans un double album garni de pas moins de 27 morceaux.
Alors verdict. on ne fait pas durer le suspens, ce nouvel effort est supérieur à Solaris et Two. En même temps, ce n'était pas bien difficile. L'ensemble est toujours basé sur un principe de répétitivité, très orienté ambient rituel et aux ambiances narcotiques, sinon narcoleptiques ("The light orchestra", "The hollow"). Des atmosphères spectrales ("Little pictures"), une brume sonore qui laisse entrevoir des ersatz de mélodies éthérées ("We glowed") et une certaine propension à jouer avec les titres de ses morceaux pour mieux dérouter l'auditeur (un "Eden" psychotique, un "Golden" aux éclats particulièrement dissonants), Justin Broadrick poursuit les explorations (et délires.) des précédents efforts de Final avec plus ou moins de succès. Quelques ratés (forcément dans le lot, ça devait arriver.) et on passe donc sur l'agaçant "Negative south", l'oppressant et sursaturé "Laughing stock", l'énigmatique et abscons "Spinning top" ou l'infâme "Not real" (sans parler de "Long wave"), pour mieux s'attarde sur l'élégant "Covered" par exemple. Sur le bien nommé "Confusion" ou l'extatique "To the heavens" également. Parfois fascinant, d'autres fois plus autistiques sinon à peine supportable mais toujours expérimental, Three est un double album en forme d'espace d'expression musicale et laisse une liberté totale aux interprétations les plus diverses et variées. Attention tout de même, écouter Final en boucle peut avoir quelques incidences sur la santé mentale.