FFB - I'm one of those monsters numb with grace Au mois de mars sortaient simultanément deux rééditions mini-LP digisleeve d'albums signés Fear Falls Burning, enrichissant par la même occasion une discographie pour le moins... imposante. L'excellent The carnival of ourselves et donc ce I'm one of those monsters numb with grace faisant l'objet de la présente chronique. Quoi de neuf chez FFB ? Pas grande chose de réellement révolutionnaire. Les familiers de l'oeuvre de Dirk Serries seront aux anges, les autres resteront toujours circonspects à l'écoute du drone neurasthénique et interminable que dévoile cet album le temps de trois plages qui prennent bien soin de s'étendre sur la durée. "I'm one of those monsters numb with grace I" : 19 minutes 50... ok pas mal, "I'm one of those monsters numb with grace II" : 19'31"... ah petite faiblesse du garçon et là bim "Dead wisdom" pour quelques 34 minutes et très précisément 22 secondes d'expérience sensorielle absolument indescriptible. Une curiosité à découvrir, un cauchemar à chroniquer. Quoique pas tant que ça.
Enfin si quand même un peu. Car sur la première piste audio du disque, on a quand même l'impression de se prendre un seul et même accord dans les gencives, celui-ci laissant s'écouler la réverbération autours de lui pendant une petite vingtaine de minutes. A trop vouloir étirer le temps, Fear Falls Burning se montre cette fois un peu moins inspiré que sur des disques de la trempe de The carnival of ourselves ou Frenzy of the absolute. Pourtant c'est sur le deuxième titre que I'm one of those monsters numb with grace prend tout son sens, Dirk y emmenant l'auditeur jusqu'aux frontière de l'ennui, jusqu'à cette limite quasiment imperceptible, qui nous plonge dans un état second avant de flirter avec le post-rock le temps d'un second morceau d'une rare élégance. Une vraie réussite. On se laisse happer pour ces courants musicaux qui lentement, inexorablement nous emmènent errer sans fin dans les méandres du mouvement drone et le pire, c'est qu'on en redemande. Sans fin, c'est un peu l'impression qui ressort de la plongée apnéique que s'offrira l'auditeur dans "Dead wisdom". Une longue hallucination sonique qui cadre parfaitement avec les deux autres pistes audio de cet album psychotrope et nébuleux. A la fois classe, intrigant et hypnotique.