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Fausten est le projet collaboratif de Monster X et Stormfield, deux artistes britanniques se complaisant habituellement dans le breakcore, la techno ou le dubstep option dancefloor. Leur premier album éponyme paraît chez le très prolifique et spécialisé Ad Noiseam, label de référence en la matière avec à son catalogue des artistes et projets comme Enduser, Niveau Zero, Oyaarss ou encore Subheim et Whourkr, au mois d'avril 2013. Une oeuvre sombre et oppressante qui risque de marquer les esprits à quiconque voudra bien y jeter une oreille sur son contenu.

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Fausten_Fausten Le W-Fenec vient de vous dénicher un album pas commun du tout, le genre de disque à foutre à fond les ballons pour faire peur à votre copine ou à votre chère belle-mère, juste pour le fun. Ca s'appelle Fausten, première œuvre d'un duo signé chez Ad Noiseam, pas très étonnant quand on connaît le rôle ô combien important que joue le label berlinois dans la diffusion de productions électroniques singulières. Voilà pour le trailer du projet et si nous invitons fermement les plus curieux d'entre vous à vous jeter sur ce disque, c'est parce que Fausten ne badine pas avec les sensations de mal-être quand il balance sa touche personnelle de noise industrielle. Quand le mal s'invite sur disque, les choses ne sont pas faites à moitié. Ca fait véritablement mal !

Fausten a été réalisé par deux orfèvres de l'électronique (Monster X et Stormfield pour les connaisseurs) et il faut bien cela pour illustrer crédiblement cette atmosphère froide et oppressante où chaque titre pourrait être la bande son d'une scène cinématographique évoquant la géhenne. L'humain n'a pas sa place ici et la misanthropie caractérisant cette oeuvre intelligente se retrouve inévitablement à travers des résonances industrielles composées d'échantillons sonores finement étudiés, que cela soit dans la constitution des rythmes subtils aux basses foudroyantes, le tout accompagné d'un habillage auditif sacrément bien troussé. Ce sont d'ailleurs les tempi percussifs qui jouent le rôle de chef d'orchestre durant tout l'album. Fausten s'est donné à cœur joie dans une production incisive tout en gardant une profondeur inhérente au style et une corpulence dont les auteurs, de par leurs passés, en connaissent assurément tous les secrets.

Le disque intègre trois remixes de deux titres laissés aux mains de l'excellent Oyaarss, de Dadub et d'Ontal, des relectures qui ne dénaturent pas, fort heureusement, l'essence de l'œuvre même si chacun apporte sa patte à l'instar de la touche techno d'Ontal sur "Evisceration", l'un des meilleurs morceaux du disque, ceci dit en passant. Pour satisfaire ceux qui affectionnent le jeu des comparaisons, même si l'exercice est dangereux, Fausten peut évoquer le travail de Scorn, l'univers de Lustmord ou bien celui de Justin Broadrick (Final, Godflesh, Jesu, J2, The Blood of Heroes, JKFlesh...). Voilà, maintenant vous savez à quoi vous en tenir. Bon voyage !