ez3kiel_visuel.jpg Vague de froid sur l'hexagone et même dans le sud, le coin est sérieusement balayé par un vent délicieusement glacial et même une fois entré dans la salle, les courants d'air frais viennent nous donner d'agréables coup de fouet, mais n'ont pas découragé le public venu en masse... pour le meilleur et pour le pire (mais on y revient). En première partie ce soir, ce sont les régionaux de l'étape, Phosphene, qui ont la charge de réchauffer la salle et là, c'est une découverte comme on n'en voit que trop rarement. Mélange de trip-hop et de rock puissant, le groupe livre une prestation de haute volée, quoique légèrement décousue, mais assez inédite. Des images qui sont projetées sur l'écran situé derrière le groupe, une danseuse qui accompagne les marseillais sur scène et un son tantôt apaisé, tantôt plus explosif et éruptif : Phosphene c'est le grand écart permanent entre des guitares heavy, presque stoner par instants et un trip-hop évanescent. Tantôt catchy et incisif, tantôt vaporeux et habité par la voix de sa chanteuse, qui n'est pas sans rappeler par instants celle de Björk ou Maura Davis (Denali, Ambulette, Glös...), voire Beth Gibbons (Portishead), la musique des Marseillais est à la fois envoûtante et majestueuse, même si la setlist, manquant un peu d'homogénéité, n'échappe pas à quelques chutes de tension, ce qui ce soir se ressent auprès d'une (petite) partie du public qui n'a strictement rien à faire de ce qui se passe sur scène. Comme cela n'empêche nullement Phosphene de poursuivre son show devant quand même un public (la plus grande partie quand même) massé devant la scène, on en prend plein les mirettes et le groupe boucle un set qui aura marqué les esprits des plus mélomanes d'entre nous... A suivre de très près et notamment sur CD, l'album, autoproduit, devant arriver dans les bacs incessamment sous peu (le 21 avril).
22h45, les marseillais remballent après avoir largement convaincu l'assistance et les roadies d'Ez3kiel s'activent pour mettre en place le matos des tourangeaux. Après une petite demi-heure de réglage(s), alors que le public du Cabaret Aléatoire s'est largement massé devant la scène, les premiers beats d'"Adamantium" retentissent, le son est particulièrement puissant (malgré une salle à l'acoustique "aléatoire") et le rock très orienté industriel du quartet fait des ravages... tellement que la console rend l'âme après un seul morceau. Et là c'est le drame. Gros crash technique, le groupe est en rade pendant une bonne demi-heure ce qui a pour effet de refroidir un peu l'ambiance. Une nouvelle demi-heure de réparation et nouveaux réglages, puis Ez3kiel reprend depuis le début et remet les gaz avec un deuxième "Adamantium", tout aussi ravageur qu'une demi-heure plus tôt. Après un regard inquiet vers le matériel, cette fois, ça tient le choc et le show se poursuit. N'ayant encore jamais vu le groupe en live, il faut dire que là une fois, la machine lancée, le quartet envoie les décibels vers son public et celui-ci le lui rend bien. Le gros son aux tendances rock indus des tourangeaux s'abat alors sur nos esgourdes et l'on se rend alors compte qu'Ez3kiel n'a maintenant plus grand chose à voir avec l'électro-dub de ses débuts, le groupe n'interprétant quasiment que des titres issus de Naphtaline et Battlefield. Dans cet esprit, "Volfoni" est absolument magique, même si quelques rares ravagés du bulbe ne trouvent rien de mieux à faire que de siffler les moments les plus calmes ou de discuter le bout de gras avant de bouger comme des demeurés sur l'efficace "Spit on the ashes". Etonnant et décevant de la part d'une infime (heureusement) partie du public. Mais le groupe ne s'arrête pas à ces considérations et envoie un très beau "The wedding" dans les tuyaux avant le gros morceau du set : "Break or die". Des zikos qui ont de la présence, un son énormissime et une petite "drums battle" qui fait son petite effet, on a oublié le petit souci technique du début et on profite de cette performance de haut niveau. Même si "Firedamp" et ses fulgurances grindcore ne passe pas forcément très bien en live, le groupe enchaîne les titres sans déjouer et s'offre un rappel (prévu) pour conclure un show particulièrement bien rôdé et une soirée qui, oscillant entre découverte (Phosphene) et confirmation (Ez3kiel) aura largement méritée le déplacement.