Ez3kiel @ La Tannerie C'est devant une salle comble (les 550 places ayant toutes trouvées détenteur depuis quelques jours) que les 4 d'Ez3kiel prennent position une fois introductions sonore et visuelle faites en leur absence.
La mise en place des musiciens laisse la part belle à l'écran recevant les vidéos ainsi qu'aux déplacements de Yann, comme à son habitude si souriant. Placé à droite, le bassiste fait face à Joan, guitariste-homme machine fou tandis que Matthieu, batteur attitré répond à Stéphane, pluri-instrumentiste usant autant du vibraphone que d'une autre batterie. Tout est en ordre, c'est parti pour le voyage en "Ez3kielie" ! Et fidèle à sa réputation, le groupe dévoile autant d'application sur scène que lorsqu'il travaille en studio. Le son est très propre et soigné, ce qui prend notamment son importance lorsque les machines s'aventurent en expérimentations et évitent ainsi brillement l'écueil de "bouillie sonore" à plusieurs reprises. L'univers visuel (projection et éclairages) se conjugue idéalement au répertoire du groupe, formant une entité unique et participe à la précision millimétrée du spectacle. Des moments précieux ou plus tranchants envoyés avec la classe de Yann, un dialogue de batteries argumenté par Matthieu et Stéphane plus tard, les convulsions de Joan sur sa gratte ou ses séquenceurs subits, le défilé d'un générique final généreux et plus d'une heure et demi après leur entrée en matière (ainsi qu'un tonitruant rappel), Ez3kiel libère la scène et le public, sérieusement brassé pendant le set, a droit à une petite pause...
Car il en faut de l'énergie pour affronter Brain Damage ! La prestation du duo pourrait se résumer à ""Bangarang" sur les amplis, ça va bouger à La Tannerie !" Ils n'ont beau être que deux, les stéphanois remuent un sacré coup sur leur passage. Et ils avaient (au moins) deux bonnes raisons de ne pas rater ce rendez-vous. Effectivement le groupe présentait à l'avant-veille de sa sortie, Short cuts son nouvel opus, album quasi-conceptuel puisque composé de 24 titres ne dépassant que de très peu la barre des 2 minutes, et assurait ce soir-là la première date de cette nouvelle tournée.
L'assistance n'a que très peu faibli et Brain Damage n'aura pas trop de mal à dynamiter une bonne partie du public, quand l'un déploie des lignes de basses frénétiques, l'autre s'acharne sur ses faders et pour un résultat on ne peut plus bondissant !
Electro-dub dans ses (larges) contours, Brain Damage joue aussi de drum'n'bass et de techno mais tempère avec un zeste de psychédélisme ou de folklore (de l'Est ou du Sud) et injecte des voix, comme celle de Black Sifichi. Si certains trouveront le set un peu trop répétitif, ils ne pourront que convenir du fait que Brain Damage ait tenu La Tannerie en haleine durant une très grosse heure et après "Une petite dernière pour nos amis d'Ez3kiel".