ez3kiel_barb4ry.jpg Quelques accords de piano, des violons enchanteurs, pris dans un tourbillon mélancolique, "Kika", premier et assez court titre de BArb4ry pose les bases d'un album qui s'annonce à fleur de peau, douloureux et flirtant avec les ombres d'un autre monde. La menace semble latente. Déshumanisée, implacable, la voix égrène inlassablement ses lignes de textes, évoquant souvent l'inéluctabilité de la mort : "Kamikaze, death row, tsunami..". Lentement, inexorablement, "Versus" s'enfonce dans des eaux sombres alors même que des vagues de nostalgie torturée viennent s'écraser violemment contre des instrumentations noisy et électriques. Les images s'entrechoquent dans nos tête, perturbant un peu plus notre esprit plongé dans un univers étrange, schyzophrénique et destructuré. "Another" remonte la pente, dévoilant son cocktail sonore aussi court qu'efficace l'espace d'une minute et cinquante trois secondes d'un étrange mélange d'électro minimal destructurée et de musiques traditionnelle tzigane... Etonnamment, on se rend compte qu'après trois morceaux, ce BArb4ry a complètement mis de côté les instrumentations dub/électro/rock qui faisaient la force de Handle with care. Ez3kiel y revient justement avec "3 rue Monplaisir" et son dub chaleureux, lumineux, classieux dans sa forme mais surplombé d'un violon et d'une clarinette qui viennent apporter un peu d'humanité à l'ensemble. Sans doute la patte du collectif belge DAUU venu inaugurer une longue et profitable série de collaboration entre les deux entités musicales. Poursuivant sa route sur "Phantom land" et son dub/électro groovy et hanté par une mélodie envoûtante, puis "Tôt ou tard", fulgurante association expérimentale de dub/rock fascinant et d'indus downtempo, sombre et torturé. Plongée obsessionnelle au coeur de la psychée, "Obscd" puis l'éponyme "BArb4ry" ouvrent les vannes d'un dub électro industriel aussi glacial que complexe, aussi organique que cinématographique. Breaks salvateurs, maëlstroms sonores oniriques et détonants, Ez3kiel fait s'abattre sur BArb4ry une pluie de trouvailles soniques anachroniques, de nébulosités sensorielles à nul autre pareil (le glacial "Sûrement"). Entre-temps, "Thought" a sonné le glas d'un album riche et plus sombre qu'attendu avec des instrumentations paradoxales oeuvrant entre dub hypnotique et trip-hop épuré, avant que "Akik" ne vienne définitivement clore les débats. Toujours avec la même densité sonique, la même puissance visuelle qui fait appel à notre imaginaire et prend forcément tout son sens en live...