Ex-Wise Heads - Celestial disclosure Chez Tonefloat, on ne fait rien comme tout le monde... ou alors d'une manière bien différente de la normale, sinon en dehors des concepts de base de la logique économique en la matière. Car là où de plus en plus de labels veillent à travailler avec des groupes et artistes leur offrant un minimum de rentabilité, le label néerlandais n'hésite pas à prendre des risques presque inconsidérés, osant toujours plus sans jamais négliger le contenant... comme le contenu. Evidemment, il sort des versions vinyles limitées de Porcupine Tree donc il assure quand même un peu le coup, mais à côté de cela, ses productions "maison" versent dans l'expérimental à tendance jusque-boutiste. Fear Falls Burning, 3 Seconds of Air, Final, Bass Communion ou Theo Travis), les gens du label Tonefloat aiment les sculpteurs de sons, ceux qui cultivent une certaine idée de la création bruitiste, qui sortent résolument des sentiers battus quitte à élever le niveau d'exigence à un niveau tel que le risque de perdre l'auditeur en route se doivent d'être parfaitement assumé.
Free-jazz, drone/ambient, prog, musique ethno-world, les productions de la maison néerlandaises aiment brouiller les pistes et c'est dans ce dernier registre qu'Ex-Wise Heads qu'oeuvre, avec une certaine conception de l'expérimentation et une apparente volonté de faire de ce Celestial disclosure une sorte de bande-son pour un film fictif. Très percussives les compositions présentes sur cet album "long-play", trois pistes pour quelques cinquante de minutes de musique tout de même, oscillent en permanence entre ethno-world tribale et fusion free-jazz organique. Zéro chant à l'horizon, on évolue ici sur des territoires exclusivement instrumentaux et, pour peu que l'on accroche à ce que font les musiciens ci-présents, le résultat se suffit à lui-même sans apport vocal. Surtout qu'Ex-Wise Heads soigne les atmosphères, passant des tonalités chaudes et africaines d'"Heliosphere" aux ambiances plus nébuleuses et orientalisantes, voire ténébreuses même, de "Solar mass" avant de s'aventurer dans des contrées musicales drapées d'un minimalisme fascinant.