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2002, Rammstein vient d'atomiser les charts "metal" internationaux avec son excellent Mutter. Richard Z.Kruspe, guitariste émérite de l'un des meilleurs produits d'exportations culturels teutons cherche à canaliser sa créativité au sortir d'un album qui aura eu tendance à cristalliser les tensions et conflits d'ego au sein de R+ et pense de plus en plus à monter son propre side-project. Emigrate naîtra au terme d'une énième tournée triomphale de Rammstein. Autours de Kruspe qui officie au micro et à la guitare, quelques noms plus ou moins connus parmi lesquels Arnaud Giroux (basse & voix), Henka Johansson (batterie) débarqué tout droit de Clawfinger, viennent composer Emigrate. En 2006, les choses s'accélèrent, Olsen Involtini (guitare) et Sascha Moser (programmation), qui ont notamment bossé avec Rammstein participe au premier album du projet qui se destine alors à être intitulé A tale of two cities. Finalement, il s'intitulera plus simplement Emigrate et débarque dans les bacs à la rentrée 2007.

Emigrate / Chronique LP > Emigrate


emigrate_emigrate.jpg Echappé quelques temps de Rammstein, évitant soigneusement les luttes d'influences au sein d'un groupe devenu l'unes des formations phares de la scène metal/ indus internationale, Richard Z.Kruspe a voulu se payer son petit caprice en s'offrant son groupe, la preuve, il a même mis sa tronche sur la pochette... Avec ses compos, son line-up et donc un premier album éponyme pour son projet Emigrate, baptisé ainsi du fait du déménagement de son leader depuis l'Allemagne vers New York, le Richard, il a tout fait comme un grand... Mais là n'est pas l'important. Car évidemment, la première question qui brûle toutes les lèvres avant la première découverte du son "Emigrate", c'est : "à quoi ça ressemble donc ?". Ben à du Rammstein en mode rock teinté indus, moins bulldozer que son grand-frère plus radiophonique, efficace à la Black Light Burns (toutes proportions gardées toutefois...) et qui a donc tout pour cartonner les charts...
Des titres qui envoient du petit bois en faisant avant tout parler la sulfateuse et le combi guitares acérées/ section rythmique martiale, (un "Wake up" qui évoquerait un Ministry en petite forme mais qui reste assez jouissif en soit, un "My World" très influencé par... R+), Emigrate fait parler la puissance d'entrée mais se distingue de Rammstein par son côté plus lisse, moins unique et mélodique. Première raison à ça, la voix, de Richard Kruspe qui n'a absolument rien à voir avec celle reconnaissable entre mille de Till Lindemann, seconde raison : le côté moins monolithique que chez les bûcherons auteurs du récent Rosenrot ; troisième et dernière raison : l'abandon de la langue de Goethe pour celle, plus internationale de Shakespeare. Deux ballades rock ("Let me break" et "In my tears"), calibrées pour mettre les hordes de fans déchaînés à ses pieds, mais relativement insignifiantes dans le fond et Emigrate repart avec un "Babe" qui fera sans doute vaguement penser à la référence industrielle qu'est Nine Inch Nails mais avec une vrai touche rock viril en plus, ce qui apporte un vrai petit plus au morceau du reste.
Pas mal donc, pas forcément très innovant mais efficace et foutrement bien produit. Un "produit" justement, le mot clé est lâché, marketé, parfaitement troussé mais sans âme, voilà ce que semble être Emigrate, un album à moitié réussi ou inversement à moitié raté dans lequel les titres s'alignent sans provoquer d'accélération notable de notre cardiofréquence-mètre (un "New York City" très quelconque, un "Resolution" plus solide et vaguement orientalisant...). Mais au passage, on note quand même, une fulgurance metallique bien venue avec un "This is what" aux effluves d'un Killing Joke teuton, puissant et ravageur, qui parvient d'ailleurs à sortir ce disque de l'indifférence relative dans laquelle il avait réussi à nous plonger. Un album, assez oubliable donc, pas forcément désagréable et bien produit, à défaut d'être trancendant.