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Biographie > eM City

Emanation directe de la formation funk-jazz reggae Phileas Fog, dont sont issus trois de ses actuels musiciens, eM City existe sous sa forme actuelle depuis fin 2003. Loin du style originel du groupe précédent, Emilie (chant), Poulp' (chant), Edmond (guitariste), Julien (batteur), Bricio (basse), Akaen (samples, programmation) et Sylvain (sonorisateur), mélangent leurs influences musicales très diverses (rock, dub, éléctro, world music...) pour un résultat flirtant allégremment avec le trip-hop de Massive Attack. Pour autant, eM City a plus d'une corde à son arc et a suffisamment de ressources et de background musical pour créer un univers original et personnel, que le groupe développe notamment via une identité visuelle particulièrement marquée et sa signature sur le mini-label Subwave Records (Inti Aka). Un label via lequel eM City sort fin 2005 son premier album studio : Base. [ [fr] Subwave Records (31 hits)External ]

EM City / Chronique LP > Base

emcity_base.jpg eM City, lointain héritier frenchy de la scène de Bristol ? Peut-être, tant le son du combo évoque en de nombreux instants les travails de Portishead et Massive Attack. Des mélodies pop envoûtantes sur lesquelles viennent se greffer harmonieusement quelques accents éléctro rock et des textures éléctroniques, si "Western [Prelude]" annonce la couleur dès les premières mesures, "Make your trust" impose le style d'eM City. Empruntant au hip-hop, par son flow qu'à l'ambiant éléctro-dub par ses instrumentations, "Psychedelic dub" est moins convaincant, puisque plus ou moins déjà vu ailleurs.
Notamment chez toutes les formations qui ont, depuis près de quinze ans, largement suivi les voies musicales explorées par Massive Attack. "Love is a compromise", avec ses vocaux féminins hallucinés et ses rythmiques groove à souhait élève le niveau de Base, le trip-rock hypnotique de eM City prend ici tout son sens, sans pour autant se départir des quelques accents rock qui font sa force sur les deux premiers titres de l'album. Versant peu à peu dans un éléctro-rock plus dur et toujours plus soigné, le groupe affine son style se rapproche du travail de Team Sleep le temps de l'interlude "Battle for Orient". Remarquable.
Ce qui l'est un peu moins, c'est la propension qu'ont les français à trop jouer la carte du trip-hop aux influences ethniques ("Ray Charles interlude") sans rien ajouter de neuf, alors que 3-D, Mushroom et Daddy G l'ont déjà fait il y a plus de dix ans. A l'inverse, eM City, fait preuve d'un sens évident pour le groove qui fait mal ("Nasty spiral", "Motherfunker"), mais également d'une force de percussion rock certaine dans l'intensité qu'il parvient à insuffler à un titre tel que "Sleeping seeds". Autant dans sa variété que dans le soin qu'ils ont apporté au songwriting et aux arrangements des treize compos de Base, les membres d'eM City s'imposent, dès leur premier essai discographique, comme des artistes à suivre...