Dirty Shirt - Freak show Il semblerait que Silverchair n'ait pas trop cartonné en Roumanie... ou alors les Dirty Shirt ont délibérément intitulé leur nouvel opus comme le dernier (et deuxième) bon skeud des Aussies. Passons. Enregistré entre la Roumanie, la Grande-Bretagne, la Finlande et la France (Grenoble), ce Freak show est mixé par notre Kallaghan national à ... Los Angeles, appuyé à la prod' par le guitariste/pianiste/machiniste/activiste Mihai Tivadar et devine-quoi ? Et bien ça sonne méchamment mais ça tu t'en doutais alors passons aussi.

Tel un spectacle de monstres, les Dirty Shirt font défiler des titres aux ambiances assez différentes et ne lésinent pas sur le contraste pour faire ressortir quelques bizarreries en plus de leur habituel clash aux chants (ceux de Dan et Robi étant plus que complémentaires). Sur la base métal-indus s'empilent à la fois des sons acoustiques, des parties de violon, une grosse dose de folklore local et des sons samplés venus d'on ne sait trop où... C'est parfois déconcertant ("Bad apples" est halluciné comme hallucinant), parfois mélodieux ("Away"), parfois débordant d'énergie ("Extreme funky disco"), parfois jouissif et festif ("Rocks off") mais c'est rarement pareil et si les sonorités et les voix assurent en fil conducteur, il est assez difficile de rester immerger dans un opus aussi explosif.

Pas simple alors de sortir des morceaux du lot compilé dans ce Freak show, pas simple pour deux d'entre eux... Le premier parce qu'il utilise un chant roumain traditionnel ("Saraca inima me") sur un tempo assez calme mais dans une atmosphère lourde. On est loin des passages funs made in Balkans de System Of A Down ou d'Emir Kusturica... L'autre titre qui m'a tapé dans l'oreille, c'est "Trust me", tout en puissance, le riffing est simple, efficace, sans bavure alors que le ton est très vindicatif et le message trafiqué par des effets robotiques, grâce à un gros travail sur les samples, ce titre gagne en complexité mais ne perd rien de son potentiel destructeur !