Cypress Hill - Rise up L'attente d'un nouveau Cypress Hill est toujours un peu plus longue depuis Stoned raiders sorti en 2001. Six ans se sont passés après un Till death do us apart pas vraiment dégueulasse et qui avait eu l'audace de mener le public vers des contrées reggae, ragga et latino tout en mettant de côté le rock qui était devenu pourtant la petite révolution du groupe sur les précédents opus. Heureux celui qui aurait pu miser bon sur ce que nous réserve ce tout frais Rise up. La surprise est bonne puisque Cypress Hill nous fait la totale en passant plus de vingt ans de carrière à la moulinette.
Ce nouvel album marie les influences orchestrées par une multitude de producteurs de tous bords (de Daron Malakian à DJ Khalil en passant par Mike Shinoda), sous l'œil (et l'oreille !) bienveillant de DJ Muggs (et B-Real), "executive producer" pour l'occasion. On le savait depuis longtemps, le groupe a peu à peu abandonné sa période sombre et pesante qui le rendait si particulier pour une ambiance plus jouasse qui se reflète bien sur ce Rise up à la production propre et dynamique. Une aubaine pour ceux qui rêveraient de les voir sur scène avec un set axé sur les titres de ce huitième album. Varié de A à Z, comme souligné plus haut, ce disque renoue avec le rock sous le contrôle de Tom Morello sur deux titres ("Rise up" et "Shut 'em down") où sa touche est on ne peut plus reconnaissable (à quand le nouvel album des Rage Against the Machine ?) et le métal avec un titre ("Trouble seeker") de Daron Malakian pas foncièrement mauvais mais trop proche de System Of A Down pour vraiment surprendre l'auditoire. Un peu d'agressivité pour marquer une révolte (voir la pochette) qui passe par la légalisation de la marijuana, sujet évoqué dans "Pass the dutch" (une référence au tube de Musical Youth initialement joué par les Mighty Diamonds ?) et "K.U.S.H.", deux des meilleurs titres hip-hop de l'album. La musique latine coule dans le sang de Cypress Hill et l'on se demande comment cela aurait pu nous échapper avec "Armada latina" chanté avec Pitbull et le roi US de la salsa Marc Anthony. Le point noir de ce Rise up est la ballade proposée par Mike Shinoda de Linkin Park, "Carry me away" au refrain sirupeux. Est-ce si surprenant quant on connaît le background du garçon qui avait pourtant sauvé un minimum son honneur sur son projet-solo, Fort Minor ? Cypress Hill évolue avec son temps, celui des collaborations (malheureusement parfois amphigouriques) et des productions bétons. Avec ce dernier album bien que 100% contrôlé par eux-mêmes, les californiens ont laissé leurs amis faire leur affaires et ont sensiblement perdu un peu de leur âme (DJ Muggs aurait très bien pu éviter le minimum syndical) mais ne l'ont paradoxalement toujours pas rendue.