C-Mon & Kypski - We are square Dans l'art de désorienter son auditeur, C-Mon & Kypski est un sérieux candidat. Non pas que ce quatuor néerlandais soit encore un ersatz d'un Mike Patton en pleine folie ou bien d'une quelconque formation math-rock près à en mettre plein la vue techniquement à son auditoire pour se prouver quelque chose ou tout simplement faire parler de lui. Non, ce groupe a décidé d'avoir "un style avec plein de styles à l'intérieur", le cul entre plein de chaises, quoi. Vous allez me dire, tout de go : "Ça va, on nous l'a déjà faite, toute façon, ca passe ou ca casse !". Oui, c'est périlleux quand on joue à ce jeu, de passer sans renoncement à ce qu'on pourrait appeler de la pop (parce que ca passe plutôt bien à l'écoute) au ska, de l'électro vocodeisé à l'abstract hip-hop, ou bien à des ambiances espagnoles au jazz. Bref, il y a, l'air de rien, un brin d'ambition voire d'orgueil chez les C-Mon & Kypski. On ne peut le nier car rappelons tout de même que ces joyeux lurons sont d'anciens champions nationaux DMC (LE tournoi des turntablists par excellence) et que la perfection est la qualité ultime des paladins. We are square a donc été conçu via grosso modo deux platines, un clavier et une guitare/basse, là où on aurait pu s'imaginer, sans trop réfléchir, un "vrai" groupe jouer, voire un orchestre sur certains morceaux. Orchestre car cet album contient tout de même son lot de musiciens additionnels (saxo, trompette, clarinette, percussions, j'en passe), évidemment absents sur les planches. Pas de soucis puisque, après tout, les machines sont là pour sampler et les platines pour mixer les instruments. Visionnaires ces Utrechtois? Non, pas vraiment, mais faut bien avouer que cela n'en gâche pas l'ambiance festive de ce disque. Parce qu'il y en a et faut s'y accrocher avec le nombre de rythmes chaloupés offert par la troupe. Quoi de plus normal quand le menu proposé est aussi varié. Entre le bon ("Burning hot"), l'excellent ("Revenge of the pinatas"), le moins bon ("Turn of the tides") et le médiocre ("High on wire"), ce We are square divisera forcément les foules qui pour les uns (les plus ouverts?) crieront au génie, et qui pour les autres ne sauront supporter cet éclectisme exacerbé.