bulle Entrée en matière synthétique, un peu "Tubular bells" de Mike Olfield, les vieux clichés ont la vie dure, entrée en voix qui rappelle The Gathering, mais qui ne dure pas longtemps, l'ambiance électronique s'accentue, se densifie, prend de la consistance dans cette univers binaire bousculé sur une mer de sons consonants, très trip-hop, très apaisant, la texture musicale oscille doucement, une douce voix oeuvrant a maintenir le cap sur "Smoking jealousy". Entre amalgame de sons parfois disparates et atmosphère électro-indus transcendante, Bulle mélange les influences, les absorbe, les digère. "Bulle" débute comme un générique de pub, trop gentil, trop pré-fabriqué, puis doucement se sépare de ces artefacts compromettant, s'élève doucement dans l'ionosphère, chant en italien, merveilleux, sucré et original, le tissu électronique manque un peu de vie, de matière pour se montrer sous son meilleur jour, mais la combinaison avec le chant forme un titre assez reposant. Les ambiances étherées de Bulle sont indiscutables, leur vie un peu plus, parfois un peu léger, parfois un peu inerte, cependant la guitare relève un peu le tout, sans pour autant s'emporter afin de constituer une ambiance organique enthousiasmante. Gageons qu'avec de la maturité et un peu de temps, l'orientation musicale qu'ils ont laissés entre-apercevoir lors de leur passage aux Eurockéennes de Belfort 2002 donnera lieu a biens des surprises. Intro au groove organique rythmique savoureux, "Zap" est un vrai délice, un cadeau pour la voix d'Aurélie, qui s'envole, glisse, se livre a l'aise sur cette structure électronique subtile, qui fait preuve d'intelligence et de construction, envolées lyriques magnifiques, un peu vibrantes, qui pénètrent les esprits, les paroles sont candides, et la musique parfois mystérieuse, une aura autour de Bulle se forme, s'agglomère doucement aux rythmes des samples. Intro presque tribale, un beat techno dans les oreilles, un synthé organique déroule bientôt son papier musique, sa ritournelle magique, celle qui enjolive les coeurs et ravit l'esprit, atmosphère électronique, dense et qui emplie l'espace merveilleusement, entre survol du désert et vol spatial, la voix gravit ces dunes musicales doucement, entre frasques vocales et paroles sussurées, "The house in the tree" est un emerveillement pour les sens. Bulle sait donner dans l'électro-blues comme dans "N°1770668066567", mais aussi dans l'électro trip-hop, un peu Dead Can Dance parfois, un peu epicé Nine Inch Nails de temps en temps, comme dans "SKP", et la prédiclection totalement électronique où le manque de guitare est parfois palpable. Dans tous les cas, Bulle et son mélange étonnant sont un régal pour les oreilles, et la voix d'Aurélie un enchantement à lui tout seul. Entre électro, trip-hop, indus, et pop électronique, Bulle et son alchimie numérique a de quoi surprendre !