Bulle : Coeur Machine Après la démo Pluie de sons, dont le titre n'est que le reflet sincère du contenu sonore de cette démo magnifique, Bulle reprends les airs pour cette démo 2003 Coeur machine qui n'a pas son pareil pour émerveiller les sens et l'esprit. Scintillements auditifs, Bulle continue son aventure sonore, son introspection musicale, et en retire une magie mélodique qui charme toujours autant, notamment sur "Mass star" et "Coeur machine". Electroniquement plus épuré, Coeur machine ne dit pas pour autant adieu à cette pointe électronique qui propulse Bulle sur un flot de nuages cotonneux, mais au contraire, les intéractions électroniques se font plus subtiles, plus matures, la sobriété efficace est toujours plus dure à maîtriser qu'une profusion confuse.
Ce Coeur machine se diffuse donc, naturellement au travers des enceintes, un naturel qui semble aller de soi, mais une réécoute rapide de Pluie de sons permet d'entrevoir la différence notable de structure, de son, cette atmosphère synthétique, tissé avec soin et patience. "Tentacule vegetal", le titre lui-même est un peu étrange, un peu science-fiction, la chanson un peu décalée, un synthé mi-fugue mi-raison, une guitare un peu agaçante. La voix d'Aurélie est toujours aussi charmeuse, une voix de velours sur une cascade numérique.
"Atlas roots" est un enchantement, avec ce choeur masculin, qui fait écho à une voix cristalline, un ondulement électro-rythmique sous-jacent, un écho de guitare, un silence magnétique qui interfère, l'hydre se dresse tout à coup, guitare saturée, des voix qui se mêlent, se hissent sur la pointe des pieds, tressant ainsi une draperie musicale mirifique, dont le son, fait penser à Nihil, et gardant la mesure de leur achèvement sur ces 7 minutes de sublime. Battements cardiaques, Bulle bouscule là toutes les références, cette mélodie aérienne, comme un souvenir personnel lointain qui refait surface sur une ligne de chant mutagène, une vapeur musicale accompagnée par une basse sautillante, piquante, "Coeur Machine" livre sa magie lentement comme un choeur céleste, un choeur sacré dont l'aura dépasse les mots.