Brain Damage - Burning before sunset L'air de rien, les stéphanois de Brain Damage enquillent les productions à vitesse grand V. Trois albums sortis lors de ces trois dernières années, toujours conçus et conceptualisés avec ce goût prononcé de l'arrangement subtil, il en fallait peu pour me persuader de jeter une oreille sur le cas Burning before sunset. Cinquième réalisation pour le duo composé de l'ingé son/machine Martin Nathan et son acolyte bassiste Raphaël Talis, accompagné sur cette aventure par l'artiste touche-à-tout (photographe, poète, spoken-word...) Black Sifichi. Véritable électron libre, cet Ecossais né à New-York et vivant à Paris depuis vingt ans a déjà collaboré avec un paquet d'artistes tels qu'Ez3kiel, Lena ou Elastik mais également avec Brain Damage sur Spoken dub manifesto. Doté d'une voix assez hors du commun et totalement fascinante, il impose, de par la nature même de son timbre vocal, l'ambiance de cet album. Vous pourrez utiliser tous les superlatifs pour la qualifier, glauque, malsaine, méphistophélique, diabolique, elle vous ensorcellera à coup sûr. Le dub des stéphanois n'a donc rien de jamaïcain, pas même l'once d'un exotisme. Le soleil et la chaleur s'effacent pour laisser place à des compositions très personnelles aux couleurs sombres et nuageuses narrées par la voix gutturale de Black Sifichi. La basse pesante de Raphaël nous tient en haleine, les divers sons balancés par Martin glacent le sang dans les veines, les kicks de grosses caisses nous hypnotisent tandis que l'organe vocal pénètre à un rythme lent mais soutenu et nous plonge dans un véritable cauchemar jouissif. Burning before sunset est un album cohérent, homogène et totalement captivant du début à la fin. Jarring Effects tape encore dans le mille avec cette sortie qui va fêter son premier anniversaire. Pour celles et ceux qui n'auraient pas encore été convaincu par les Stéphanois, c'est le moment ou jamais ! Car on frise tout simplement le top level.