Black Light Burns - Cruel melody Après des mois d'une gestation un peu plus délicate que prévue (voir biographie), voilà que Cruel Melody, le tant attendu premier effort de Black Light Burns débarque furieusement dans les bacs. Les fans déjà conquis par ce qu'ils ont pu découvrir via les arcanes du web trépignent déjà la bave aux lèvres, cette fois, plus d'inquiétiude, la déflagration est imminente. Et là, attention tuerie... On déballe donc fiévreusement le CD, on s'attarde sur l'artwork particulièrement réussi, il s'agit de la reproduction d'une toile signée Wes Borland himself, on enfourne la galette, on pousse les basses et là, curieusement on a droit à un premier titre plutôt rock, aux limites du stoner des plus alcoolisés ("Mesopotamia"). Presque du Queens of the Stone Age remixé s'il n'y avait pas ces légères sonorités éléctro-indus et ce chant très... NIN. Etonnant mais ultra-efficace. Bénéficiant d'un son absolument énorme (merci Mr.Ross Robinson), ce premier titre fait sonner les guitares comme personne pendant que la section rythmique se régale... et nous avec.

Deuxième acte, "Animal" se présente comme un pur titre de rock industriel aux influences pop et aux mélodies fédératrices. Arrangements extrèmement aboutis, instrumentations gorgées de ruptures de rythmes détonnantes et de breaks sulfureux, Black Light Burns propose là un second titre assezdiff érent du premier mais toujours avec une efficacité hallucinante. Après deux titres qui ont déjà suffi pour mettre à genou le plus blasé des amateurs du genre, il maintenant temps de balancer sa puissance à la face des auditeurs. Intro languissante, le single "Lie" fait parler la poudre. Ses guitares vénéneuses, son refrain rageur et son énergie dopée aux hormones... Puissant, incisif, éléctronique et catchy, voilà du pur single taillé dans le roc(k) pour mettre les charts en miettes et faire headbanguer les foules en live. Absolument monstrueux, Black Light Burns est lancé sur les chapeaux de roues et n'a pas fini de pulvériser nos enceintes. Compact, moins massif mais plus raffiné, "Coward" poursuit l'oeuvre du groupe mené par la paire Borland/ Lohner dans on retrouve les griffes inimitables tout au long de cet album (ce son de guitare unique pour le premier, les sonorités glaciales pour le second). Certes quelques réminiscences néo-metal viennent parfois alourdir l'ensemble, certes le chant de Wes Borland devra gagner en impact, mais dès à présent, le constat qui se pose ne souffre d'aucune contradiction : BLB enquille suffisamment de tubes pour faire taire jusqu'aux les critiques en mal de sensations fortes ("The Mark" et "Stop a bullet"...).

Troisième acte : alors que l'on aurait pu s'attendre à un album de rock/ metal indus brûlant et brut de décoffrage mais un peu monolithique à la longue, BLB évite les poncifs et nous sert alors quelques titres aux mélodies tendues mais aux arrangements éléctro-rock, nappés d'ambiances aussi tortueuses que raffinées ("4 walls", "One of yours"), à classer entre Team Sleep et les morceaux les plus calmes de NIN période The fragile. On en prend toujours dans les gencives mais c'est fait avec classe mais également pas mal de douceur. Quelques facilités nu-rock efficaces mais relativement innoffensives plus loins loin et le quartet de luxe se paie une tranche de rock synthétique de haute volée avec l'hypnotique "New hunger". Mix idéal entre puissance rock, fulgurances metal, textures indus cliniques, post-pop lunaire et éléctro planante ("I am where it takes me", "Iodine sky"), Cruel Melody est un album au concept simple : mettre dans un mixeur les backgrounds musicaux de ses géniteurs, appuyer sur "on" et faire en sorte que ce qu'il en sorte soit le plus efficace possible, en se gardant bien de céder à la facilité. Mission réussie. Car, plus surprenant, riche et varié qu'attendu, le premier effort de Black Light Burns est non pas un essai prometteur, mais un véritable coup de maître définitivement vissé à la platine CD... Carrément bandant.