Bersarin Quartet - II Bersarin Quartett, c'était il y a deux années de cela, à l'époque de la réédition par Denovali du premier album du bonhomme, un disque qui avait déjà deux ans de plus mais qui surtout s'était révélé comme une merveille de mélange electronica/ambient/post-pop/nu-jazz. Une première oeuvre, sous ce patronyme, à la cinégénie rare et qui faisait voyager l'esprit à travers le temps en même temps qu'il l'apaisait d'une manière assez fascinante. Ce que l'on appelle un bijou... à la limite du chef-d'oeuvre. Deux et (donc quatre) ans plus tard, II, le... deuxième abum du compositeur/arrangeur/producteur allemand (qui fait toujours tout ça tout seul) propose la même chose... mais en mieux. Si c'était possible finalement.

Intro ambient languissante, on se laisse glisser dans les atmosphères cotonneuses et ouatées de "Niemals zurück" avant que "Zum Greifen nah" ne vienne littéralement nous happer, pour nous inviter à explorer de nouveau l'univers cinématographique de Bersarin Quartett. Des créations à l'évanescence sublime, des esquisses mélodiques d'une beauté infinie et des arrangements d'une subtilité bluffante, l'auteur livre ici une partition d'une classe folle, composant ici plusieurs bande-son de films inexistant en un seul album, agglomérant tout une collection de pistes musicales aux ambiances captivantes et troublantes ("Im Lichte des Anderen"). Les plages sonores se suivent et ne nous lâchent plus, habitant complètement notre esprit qui leur sert alors de réceptacle dans lequel elles trouvent un écho des plus absolu.

Ambient/électronica onctueusement velouté, post-rock fugitif, pop scintillante et nu-jazz ("Der Mond, der Schnee und Du"), la griffe musicale de Thomas B. (l'homme derrière le patronyme de Bersarin Quartett) a beau être maintenant connue, elle n'en reste pas moins capable de se sublimer régulièrement, jusqu'à expédier l'auditeur dans des sphères émotionnelles quasi inexplorées (le sublimissime "Perlen, Honig oder Untergang"). Douze morceaux couchés ici sur disque pour près d'une heure de musique, on se dit que ça n'a rien de réellement très bref et pourtant jamais on ne sent le temps s'écouler ("Einsame wandeln still im Sternensaa"), porté par cette trame mélodique qui se déroule sous nos yeux (et tympans) et fait de ce II un disque tantôt enivrant, tantôt poignant, tantôt troublant, souvent les trois à la fois ("Im Glanze des Kometen", "Alles ist ein Wunder"). L'immersion sans filin ("Rot und Schwarz") y est donc plus que vivement conseillée ("Keine Angst")...

Si l'éponyme Bersarin quartett était un presque chef-d'oeuvre : à l'image de morceaux comme "Hier und jetzt" ou "Jedem Zauber wohnt ein Ende inne", II est lui une authentique merveille.