Ben Sharpa & Rip!Lick - Hanging in the balance Le cher et regretté talentueux rappeur sud-africain Ben Sharpa, décédé en 2018 à l'âge de 41 ans, nous a légué au début de l'automne dernier une collaboration avec le groupe suisse d'electro-ambient Rip!Lick, en guise d'album posthume. Cette union qui a vu le jour autour de l'année 2015 (d'après les archives que nous disposons sur la toile) est en réalité le fruit d'un pur concours de circonstance, étant donné que les Suisses ont vu peu de temps avant leur chanteur/MC partir. Le hasard fait bien les choses puisqu'Hanging in the balance est vraiment le genre d'album hip-hop que nous adorons à la rédac' : frais, bien joué, varié, prod soignée, inventif, créatif, addictif, et je vous passe tous les qualificatifs dithyrambiques qu'on pourrait lui donner. Si vous avez déjà un faible pour le travail et les choix artistiques de Ben Sharpa (rappelez-vous du très bon projet audiovisuel et multimédia 4th density light show avec Pure Solid), alors foncez tête baissée, la déception ne devrait pas se faire trop sentir.

À la différence de ses précédents disques, Ben Sharpa joue ici avec un groupe qui se met littéralement au service de ses flows acides et qui apporte une autre vision, avec une teinte jazzy dira-t-on, en tout cas beaucoup moins électro et futuriste que par le passé. Cela n'empêche pas cette formule de balancer des grooves imparables ("Food Inc.", "E.M.P.I.R.E") mais également des ambiances relativement ternes comme cette chanson traitant du mouvement #BringBackOurGirls, une série de manifestations appelant à la libération de lycéennes de Chibok au Nigéria enlevées par Boko Haram en 2014. Le rappeur sud-africain a toujours eu à cœur de combattre les injustices par les mots ou à sensibiliser son auditoire à des causes importantes à défendre comme l'écologie ("Go green"). Quel que soit la forme artistique employée, qu'elle soit old school ou new school, quel que soit le nombre de BPM sur lequel son flow s'est illustré, il laissera une empreinte non négligeable au monde du hip-hop et surtout à celui de l'Afrique du Sud et à la France. À ce titre, nous profitons de ces lignes pour remercier sa famille de Jarring Effects pour nous avoir fait découvrir Ben en 2007 par le biais de sa compilation Cape Town Beats Volume 1. Pour finir, si vous souhaitez acquérir ce disque, sachez que les revenus des ventes sont reversés directement à sa famille. RIP Kgotso Semela aka Ben Sharpa.