indus Indus > Bëat In Zën

Biographie > 2 têtes exploratrices

Le groupe fondé en 1998, est une réelle entité artistique. Rien n'est laissé au hasard, que ce soit le visuel, la démarche adoptée ou la composition des morceaux. L'original travail de duettiste du groupe consiste à produire un électro-indus à touches expérimentales. En effet, l'intégralité des sons produits par le groupe ne sort que de Tramb et de son acolyte Xtof Chambers via leurs instruments (boîtes à rythmes, guitares, samplers, programmations, synthétiseurs et parfois leurs cordes vocales). Bëat In Zën, fort de ses 2 inséparables collaborateurs, fournit un visuel sombre, proche des séries Z et l'inscrit en continuité du travail musical fournit.

Interview : Bëat In Zën, Interview de Bëat In Zën (janvier 2005)

Bëat In Zën / Chronique LP > Fifth victory ?

Bëat In Zën : Fifth victory ? Ce n'est certainement pas avec cet album que Le Biz'art va finir de faire des ravages, bien au contraire ! Comme Bëat In Zën accorde une part très importante à l'aspect visuel de son travail, il semble légitime d'accorder quelques lignes au contenant, avant de s'attarder sur le contenu de Fifth victory ?.
D'entrée de jeu, l'illustration choisie sur la pochette pétrifie : une photo de cadavres, victimes du génocide nazi de la seconde guerre mondiale. On ouvre le premier volet du digipack et on tombe sur l'inscription "Why ?" précédant la superposition d'un "W" avec une représentation du Christ en croix. Enfin, on accède au CD, on l'enlève (pour l'écouter) et l'ultime image est un monochrome rouge repésentant des soldats (américains) au combat, avec au centre cette citation : "War, weapons, peace, god and burgers" succédée d'un autre "W". Celui qui n'a pas compris la teneur du message de cet album n'est pas très futé. Ni celui qui n'y voit pas de rapprochement avec Houses of the molé de Ministry, d'ailleurs.
En ce qui concerne le contenu de cette heure de distraction haute en couleurs, autant être prévenu : le duo électro-misanthrope est en très grande forme ! Si Ocean captive frappait déjà très fort de par son approche (très) expérimentale, Fifth victory ? cartonne au rayon "électro-indus débridée" qui fait mal aux neurones.
Toujours aussi riche, toujours aussi dense, les compos de Bëat In Zën sont de formidables collages, ajustements, stratifications de couches composées de boîtes à rythmes, basses, séquences, guitares, claviers, voix et samples formant un ensemble complexe mais pourtant d'une fluidité remarquable ("The gate A.D.", "Link your roots"). Si l'absence de paroles clairement expédiées est toujours de mise chez Bëat In Zën, les titres des chansons n'en sont pas moins porteur de messages : "Grand fun armada", "Massoud not X" ou "Resist[ants]".
Au fil de l'album, la torture musicale prend différente directions car le groupe a brillament réussit à élargir son champ d'action. Si des morceaux sont tout aussi enjoués que sur Ocean captive ("Bicephale", "Spleen spiders and spine") ou rappelent encore une certaine lubricité ("Grand fun armada", "D.N.A. and the ants"), d'autres participent à l'élaboration de terrains plus particuliers ("Massoud not X", "Molly coddle dandy"), s'enfuient vers une martialité à la Pneumatic Head Compressor ("Big bang messiah") ou se révèlent être de formidables perles ! ("Resist[ants]", "Smoke it now !"). De plus, Bëat In Zën a gagné en clarté. Moins oppressant que son prédécesseur, Fifth victory ? est encore plus aérien et confortable à écouter.
Les duettistes continuent de tracer leur voie avec talent et d'apposer leur marque de fabrique à un univers unique en son genre. Xtof Chambers et Tramb n'avaient pas de quoi rougir d'Ocean captive, Fifth victory ? repousse encore plus loin les limites du Biz'art pour mon plus grand bonheur, mais aussi je l'espère, pour le votre !

Bëat In Zën / Chronique LP > Ocean captive

Beat In Zen : Ocean captive Après 2 démos et un premier album Rëal instinct coïtus, Bëat In Zën livre une longue et jouissante deuxième longue performance. Amateurs de musiques non conventionnelles, hors norme, de bidouillages électros, de rencontres des goûts et des couleurs, ce disque pourra vous plaire. Seule recommandation : n'avoir aucune mauvaise appréhension face aux sampleurs et autres boîtes à rythmes. Autre remarque, le groupe semble être fâché avec la lettre " e " et l'a remplacé sur les titres de l'album –à l'exception d'un seul, erreur ?- par le signe mathématique " égal " ; " = " si vous préférez. Ici, on songe parfois à l'atmosphère malsaine et puérile des deux premiers disques (Portrait of an american family et Smells like children) de Marilyn Manson ou à Einstürzende Neubaten pour l'aspect " recherche sonore " du duo. Parfois les Tétines Noires, époque 12 têtes mortes ne sont plus très loin, surtout pour le coté foutraque de la chose. Avec 18 titres, la palette de sensations transmises est large : angoissante, stressante, énergique, ludique, étincelante, bref, les 2 zigotos se sont appliqués à ne pas laisser l'auditeur de marbre.
La production est correcte car se faire chevaucher de multiples instruments aurait pu rendre le résultat indigeste et c'est bien le contraire qui se dévoile à nos oreilles. Riffs exposés lorsqu'il le faut ("Back walk J=richo wall waltz", "Ass a sin"), passages technos et électro parfaitement contrôlés, samples et séquences entêtants à souhait ("Beatinz=n to kick ", "Digital r=stl=ss"). On pourrait aussi parler d'expérimentation sauvage pour "Mill=nium 7th day" et de la grandiloquence d'un " Bubbl= art to h=av=n "BATH" ". Même si par moments on se perd un peut dans ce labyrinthe ("Appl= for all", "Slave to dis"), ou si certaines parties technoïdes se font trop peut fluides ("Divin= com=di="), on pourra se faire largement plaisir en s'immergeant dans les univers retranscrits par "Sw==t fountain", "Our knowing sun", "7 cool 7", "Ass a sin" mais aussi avec le torturé "Tic tac tits". Le groupe s'approche même de passages psychédéliques comme au travers de "Cool h=aling room". En explorant diverses textures sonores, le groupe s'infiltre habilement dans les esprits et se démarque radicalement de la plupart des productions musicales du moment.
Peut-être que certains entendront, verront aussi, en Bëat In Zën une réminiscence de quelques groupuscules combos désormais tombés dans l'oubli, peut-être que d'autres découvriront un groupe qui saura laisser une marque significative de leur agissements sonores.