B R Oad Way @ Besançon B R Oad Way @ Besançon Trio placé devant des laptops et générant par ce biais à la fois images et sons (à part quelques apparitions furtives d'une guitare), Saycet se produit néanmoins au sein d'un environnement riche en visuels : une suspension sphérique, une succession de tentures et un écran recevant tous des projections cinématographiques sans oublier, sous les ordinateurs, les plateaux (en fibre optique ?) colorisés en cours de set. Et la musique dans tout ça ? Au travers de tout au plus quatre ou cinq très longues pistes, Saycet déambule sur des chemins électroniques sans se donner de réelle limite. Qu'on arpente un chemin onirique ou qu'on dévale une autoroute technoïde, c'est avec la même intention que Saycet oeuvre : faire vibrer, transmettre des émotions et nous inciter à la rêverie. Et lorsque le trio nous faire penser à la rencontre de la partie électronique de Ez3kiel avec Boards of Canada, on se dit qu'on est déjà certain de ne pas avoir perdu sa soirée.
Pensant arriver en terrain connu avec B R Oad Way, le collectif me prendra à contrepied en concentrant ses efforts autour de Gang plank, EP conçu en compagnie du Quatuor Pli, sorti il y a quelques mois et encore méconnu de mes esgourdes. Mais voilà une bonne occasion d'avoir un premier contact avec l'objet sur scène. Une scène sur laquelle Lorenz, Gio et Raize restent fidèles à leurs postes respectifs (basse, platines et VJ) tandis que Jan passe de son (ordi) portable à sa guitare ou à la batterie et Fabb frappe le tom qui lui est attribué ou gratte une 6-cordes en complément du chant devenu essentiel chez les stéphanois. Toujours en cours d'hybridation d'influences post-rock, électro et pop, B R Oad Way élabore, malgré quelques petits couacs de sonorisation, une alchimie qui ne laisse pas de marbre : là, des effluves industrielles enivrantes, ici, une marque pop bien plus dansante ou encore une emprunte contemplative invitant à fermer les yeux, chose impensable devant les pépites issues du VJaying de Raize. L'équilibre que recherche B R Oad Way est définitivement fragile mais ô combien salutaire ! Et a le mérite de franchir le cap du live sans trop d'encombres. Après un petit crochet par The John Venture ("Approximate turnover compagny"), B R Oad Way rend hommage à Mark Linkous, dernièrement suicidé, avec une reprise de Sparklehorse délivrée tout en douceur puis se retire à l'issue d'un dernier passage par Gang plank, à l'aide d'un morceau au gimmick pour le moins délirant.