indus Indus > Anakronic Electro Orkestra

Biographie > Orchestre d'une autre époque

Le groupe toulousain Anakronic Electro Orkestra s'est fait remarquer depuis ses débuts en 2007 en mélangeant avec adresse le klezmer, une musique juive originaire de l'Europe de l'Est, à l'électro. Invitant à ses côtés pour quelques titres le clarinettiste américain David Krakauer, soit l'un des plus fervents représentants du renouveau Klezmer à l'international, la formation instrumentale fondée autour de Mikaël Charry a su s'attirer par la suite de bonnes âmes musicales dans son projet. Citons Mangu et DJ Socalled en 2009 avec le titre "Original" sur la compilation The yiddish part puis Frederika, Lisa Gutkin et Leib Glantz sur son deuxième album Noise in sepher en 2013. Le 2 mars 2015, le quatuor récidive sur un nouvel album avec l'arrivée d'une rappeuse de New-York dans le rôle vocal principal, inédit pour un groupe qui jusque là se contentait d'invitations pour certains titres ayant besoin d'une touche de chant, ou tout simplement d'échantillons vocaux trafiqués. Conseillé par Krakauer, Anakronic Electro Orkestra recrute donc Taron Benson (Phoenix And The Shadow) pour ce Spoken machine qui troque le klezmer pour du hip-hop tout en gardant l'électro-rock comme toile de fond. Le groupe se rebaptise Anakronic pour l'occasion.

Anakronic Electro Orkestra / Chronique LP > Spoken machine

Anakronic - Spoken Machine On ne peut pas reprocher à la formation toulousaine de ne pas avoir l'ambition de faire bouger les foules. Dès les premières notes de "Wild medesin", titre accompagné d'un rap tranchant et impeccable, tout comme l'est également la rythmique, on sent que l'univers de Spoken machine, fait de grooves imparables, est déjà posé. Pourtant, il regorge également de parties plus ambiancées comme l'électronisée "Ouverture", une plage sonore faisant office d'entracte, ou bien de fractions complètement sombres comme les deux parties de "Sound level" au sein desquelles opère le guitariste Marc Ribot (John Zorn, Tom Waits, Alain Bashung). C'est sur la base d'un hip-hop frondeur, du moins dans le ton, que cet album n'hésite pas à mélanger les saveurs pour servir un public se reconnaissant autant dans l'électro (parfois le dubstep) que dans le rock fusion. Les douze titres rythmiquement ajustés sont autant de modernité que de clins d'œil au old-school (le basse/batterie de "Just us" évoque un petit côté Cypress Hill) et prouve tout l'intérêt du groupe pour un genre qu'il a longtemps voulu mettre en avant sur ses disques, et qui attendait surement les bons partenaires pour le faire. Et sur ce point-là, il a plutôt assuré.

Car Taron n'est pas la seule à se démener puisqu'elle est accompagnée de valeurs sûres ou en devenir du hip-hop underground actuel, soit Pigeon John et ADDAM sur "All out" et Rello Young Botch Greenlee sur "Sound level I". Un travail d'équipe mis en œuvre à la fois à Toulouse et à New-York avec un staff d'ingé-son reconnu, que sont Marc Urselli (John Zorn, Lou Reed) et Richard Huredia (Eminem, Dr Dre, Cypress Hill au mixage et la paire Chris Gehringer (Wu-Tang Clan, Rihanna) / Brian Gardner (OutKast, Snoop Dogg au mastering.

Et pour couronner le tout, Anakronic Electro Orkestra s'est payé un artwork de bon goût, tout de rouge vêtu, signé l'excellent Jouch, le guitariste de Naive, d'Agora Fidelio et de Phantom Status. Quand vous mettez tous les atouts de votre côté, le résultat ne peut être qu'optimal. Dans la forme en tout cas. Pour le fond, c'est à vous de juger.