Alexandrie - Loin On comprend parfaitement ces musiciens qui au fil des années, après avoir enchaîné les formations musicales et les projets divers en intermittence, se retrouvent à vouloir consacrer de leur temps pour réaliser leur propre disque. Antoine Passard, batteur franc-comtois passé par des groupes locaux tels que Clara Yucatan (avec sa sœur Claire, désormais chez Komorebi), Yulès, Bigger ou encore avec les Suisses Les Fils du Facteur, vient de franchir le cap avec Alexandrie. Le résultat de cinq années à composer, défricher, explorer le champ des possibilités infinies de son ordinateur et de ses synthétiseurs, a donné un EP de cinq titres intitulé Loin.

Dès que le clip de "L'eau", fait de différents plans saccadés où le protagoniste déambule dans les rues de Montréal et au Québec s'est répandu sur la toile (forcément, cela m'interpelle ayant habité le coin par le passé), on s'est dit tout de go qu'il fallait qu'on t'en parle. Car ce titre très punchy et catchy est vraiment à part dans cet EP mais reste pour nous un petit tour de force électro-pop actuel inévitable pour tout fan du genre. Cette émotion positive et instantanée nous a donné l'envie d'aller plus loin et de constater après coup qu'Alexandrie a majoritairement misé sur des chansons qui ont tendance à apaiser l'âme plutôt qu'à les galvaniser. Bande-son parfaite pour le Voyage avec un grand V (même intérieur), Loin dévoile des plages chantées dans la langue de Molière, sans être apparenté à de la chanson française justement, une sorte de Tame Impala (version Currents) de chez nous pour faire une déviante comparaison, et autant influencée par Etienne Daho ou Flavien Berger que par Timber Timbre ou Men I Trust. En résumé, si la mélancolie, le romantisme, les sons vintage, le chant en français, les ondes lumineuses et éthérées sont ton dada et si, de surcroît, tu as un petit faible pour les pochettes kitschouilles à la Rise de Jessica93, ce Loin est fait pour toi.